Délinquance en France : augmente-t-elle, et quelles peines ?

La délinquance en France a deux visages dans les statistiques de 2025. Les violences enregistrées par la police et la gendarmerie montent, année après année : +7,9 % de victimes de violences sexuelles, +5,0 % de violences physiques. Les vols reculent : − 3,0 % de cambriolages, − 9,3 % de vols de véhicule. Au bout de la chaîne, les prisons comptent 89 500 détenus au 1er juillet 2026, collectivités d’outre-mer comprises, un nombre en hausse de 5,2 % en un an sur le champ hors collectivités, et 57 % des peines de prison ferme sont mises à exécution le jour du jugement, aménagement compris. Un camp lit une insécurité qui monte et une justice qui ne suit pas ; l’autre une hausse des plaintes plus que des faits, et une prison déjà saturée. Voici les faits, puis les deux plaidoiries.

Par La rédaction du Contradictoire

En trois points

  1. En dix ans, les violences enregistrées ont fortement augmenté (violences sexuelles +154 %, violences intrafamiliales +125 %) et les vols ont reculé (vols violents sans arme − 48 %, cambriolages − 15 %). Les homicides sont quasi stables depuis le pic de 2023, autour de 1,4 victime pour 100 000 habitants.
  2. Enregistré n’est pas subi. L’enquête de victimation compte 643 000 victimes de violences physiques et 325 000 de violences sexuelles physiques en 2023, bien plus que les plaintes ; une hausse des faits enregistrés mêle hausse des faits et hausse des dépôts de plainte, et les sources ne séparent pas les deux.
  3. Sur 1,9 million de personnes mises en cause en 2024, 657 000 ont été poursuivies devant un juge. La même année, 559 400 condamnations ont été prononcées, un chiffre tiré d’un autre fichier, dont le périmètre n’est pas exactement celui des poursuites. 57 % des peines de prison ferme sont mises à exécution immédiatement, neuf sur dix dans les cinq ans, mais « mise à exécution » inclut l’aménagement hors des murs. Les prisons étaient à 129,5 % d’occupation au 1er janvier 2025.

Le mot à connaître, « délinquance enregistrée » : les crimes et délits que la police et la gendarmerie ont inscrits dans une procédure, le plus souvent après une plainte. Ce n’est pas la délinquance commise : un vol non déclaré ou une violence tue n’y figurent pas. L’autre mesure est l’enquête de victimation, où l’on demande à un échantillon de personnes de 18 ans ou plus ce qu’elles ont subi, plainte ou non. Les deux ne racontent pas la même histoire, et le dossier les distingue à chaque fois.

1La question bête

Est-ce que la délinquance augmente en France ?

Cela dépend de laquelle. En 2025, les indicateurs de violences enregistrées par la police et la gendarmerie sont tous en hausse : 132 143 victimes de violences sexuelles (+7,9 % en un an), 256 681 victimes de violences physiques dans la famille (+5,0 %), 215 728 hors de la famille (+5,0 %), 4 477 victimes de tentative d’homicide (+4,4 %) [1]. Les atteintes aux biens, elles, reculent : 211 596 cambriolages de logement (− 3,0 %), 124 816 vols de véhicule (− 9,3 %), 7 913 vols avec armes (− 7,8 %) [1]. Les escroqueries montent (445 463 victimes, +7,4 %) [1], et les homicides sont quasi stables depuis le pic de 2023, à 1,4 victime pour 100 000 habitants [2].

Concrètement, quand vous lisez « la délinquance augmente », demandez laquelle et mesurée comment. Sur dix ans, l’écart va dans les deux sens : les violences sexuelles enregistrées ont plus que doublé (+154 % entre 2016 et 2025), les vols violents sans arme ont été divisés par deux (− 48 %) [1]. Et les plaintes ne sont pas les faits : l’enquête de victimation du même service statistique compte, pour 2023, 643 000 victimes de violences physiques et 325 000 victimes de violences sexuelles physiques, des ordres de grandeur bien supérieurs aux faits enregistrés [3]. Une hausse des violences enregistrées peut venir de plus de violences, de plus de plaintes, ou des deux, et aucune de nos sources ne sépare les deux parts.

2En chiffres

Combien de crimes et délits, de condamnations, et quel nombre de détenus ?

132 143
victimes de violences sexuelles enregistrées en 2025, +7,9 % en un an
Police et gendarmerie, données définitives [1]
211 596
cambriolages de logement enregistrés en 2025, − 3,0 % en un an
− 15 % depuis 2016 [1]
559 400
condamnations prononcées en 2024, +2,2 % en un an
Casier judiciaire, données provisoires [5]
89 500
personnes détenues au 1er juillet 2026, collectivités d’outre-mer comprises ; +5,2 % en un an hors collectivités
Ministère de la justice [6]

Retenez la chaîne, pas seulement ses deux bouts. En 2024, les parquets ont traité 4,2 millions d’affaires, « dont plus de sept sur dix ont été considérées comme non poursuivables », le plus souvent parce que l’auteur n’a pas été identifié (67 % de ces cas) [4]. Sur 1,94 million de personnes mises en cause, 1,225 million étaient poursuivables ; parmi elles, 33 % ont reçu une mesure alternative aux poursuites et 657 000 « sont effectivement poursuivies devant un juge d’instruction ou une juridiction, soit 54 % des auteurs poursuivables » [4]. La même année, 559 400 condamnations ont été prononcées, un chiffre tiré du Casier judiciaire, dont le périmètre n’est pas exactement celui des poursuites, dont 530 190 contre des majeurs : 2 540 pour crime, 498 131 pour délit et 29 519 pour contravention [5]. La circulation routière représente 42 % des condamnations pour délit, les atteintes aux personnes 23 %, les atteintes aux biens 15 % [5].

Les peines, ensuite. Sur les condamnations de 2024, 121 057 sont des peines d’emprisonnement en tout ou partie ferme, pour un quantum ferme moyen de 11,0 mois [7]. Les délits « comprennent des peines de prison dans la moitié des cas : 24 % de peines de prison ferme et 25 % de peines de prison avec sursis total », une amende dans 35 % des cas [5]. Pour les crimes, 99 % des majeurs condamnés reçoivent de la prison ferme, et les viols représentent 58 % des condamnations criminelles des majeurs [5]. Enfin la détention : 89 500 personnes détenues au 1er juillet 2026, collectivités d’outre-mer comprises, 64 200 condamnés et 23 800 prévenus, non jugés ou en attente d’un jugement définitif, hors collectivités d’outre-mer, plus 19 000 condamnés qui exécutent leur peine hors des murs, sous bracelet ou en placement extérieur [6]. Au 1er janvier 2025, le taux d’occupation des prisons était de 129,5 %, et de 149,3 % dans les maisons d’arrêt [7].

3Le graphique
Dix ans de délinquance enregistrée : les violences montent, les vols reculent.
Évolution du nombre de victimes, d’infractions ou de véhicules enregistrés, selon l’indicateur, par la police et la gendarmerie entre 2016 et 2025, en pourcentage, France entière hors collectivités d’outre-mer. Les barres foncées sont des hausses, les claires des baisses. Échelle de 0 à 160 %.
Violences sexuelles
+ 154 %
Violences physiques intrafamiliales
+ 125 %
Tentatives d’homicide
+ 98 %
Escroqueries
+ 79 %
Violences physiques hors famille
+ 32 %
Cambriolages
− 15 %
Vols de véhicule
− 24 %
Vols avec armes
− 28 %
Vols violents sans arme
− 48 %
Source : SSMSI, bases statistiques de la délinquance enregistrée, mise à jour de juillet 2026, sommes des régions [1]

Ce graphique est celui que chaque camp lit à sa façon, et il faut le lire avec sa légende. Les unités diffèrent : des victimes pour les violences, des infractions pour les cambriolages, des véhicules pour les vols de véhicule [1]. Deux séries ont changé de définition en juillet 2025, quand l’indicateur historique des « coups et blessures volontaires sur personne de 15 ans ou plus » a été remplacé par les violences physiques intrafamiliales et hors cadre familial, révisées sur toute la période [1]. Et la plus forte hausse, celle des violences sexuelles, est aussi celle où l’écart entre faits enregistrés et faits déclarés en enquête est le plus grand : 114 079 victimes enregistrées en 2023, tous âges et toutes violences sexuelles confondus [1], contre 325 000 victimes de violences sexuelles physiques déclarées par les 18 ans ou plus, sur un territoire un peu plus restreint, la même année [3], et le graphique ne mesure que la première de ces deux séries.

4Les deux camps↑ Sommaire

Insécurité en France : le débat, plaidoirie contre plaidoirie

Les deux camps s’appuient sur les mêmes séries du service statistique du ministère de l’Intérieur [1][2][3] et sur les mêmes statistiques du ministère de la Justice [4][5][6][8]. Deux plaidoiries, à égalité de place : « Les plaintes montent plus que les faits, et la prison déborde déjà » · « Les violences montent et la réponse pénale ne suit pas »

Camp A · partisans d’une réponse pénale plus ferme, peines exécutées en prison

« Les violences montent et la réponse pénale ne suit pas »

  • Les violences enregistrées augmentent sur dix ans comme sur un an.En 2025, +7,9 % de victimes de violences sexuelles, +5,0 % de violences physiques dans et hors de la famille, +4,4 % de tentatives d’homicide [1], et +9,2 % de personnes mises en cause pour trafic de stupéfiants, un chiffre qui mesure aussi l’activité des services [1]. Sur dix ans, les tentatives d’homicide ont presque doublé (+98 %) [1]. Pour ce camp, l’argument des plaintes n’explique pas une hausse simultanée des violences sexuelles, des violences physiques et des tentatives d’homicide.
  • La plupart des affaires ne vont nulle part. Plus de sept affaires sur dix traitées par les parquets sont « non poursuivables », d’abord faute d’auteur identifié, et parmi les auteurs poursuivables, seuls 54 % sont effectivement poursuivis devant un juge [4]. Les délits sont sanctionnés d’une prison ferme dans 24 % des cas [5].
  • La prison ferme n’est pas toujours la prison.En 2024, 24 % des personnes condamnées à une courte peine de six mois ou moins sont incarcérées à l’audience, et 49 % de ces courtes peines font l’objet d’un aménagement [8]. Une peine sur dix n’est toujours pas mise à exécution cinq ans après avoir été prononcée [8]. D’après l’Inspection générale de la justice en 2022, le délai médian de mise à exécution d’une peine aménageable de six mois ou moins était de 8,6 mois quand le juge l’aménageait ou la convertissait, contre 4,1 mois en cas d’incarcération, pour les jugements contradictoires, c’est-à-dire rendus en présence du condamné ou de son avocat [9].
    Le détail des chiffres

    Le taux de mise à exécution immédiate est de 69 % quand le condamné est présent à son procès et de 6 % quand il est absent ; à cinq ans, 95 % et 76 % [8]. Pour ce camp, la peine perd son sens quand elle arrive des mois ou des années après le jugement.

  • La récidive est mesurée. En 2023, 18 % des condamnés pour délit étaient en état de récidive légale [4], et pour les peines de prison ferme, 49 % sanctionnent un délit commis en récidive légale [8]. Pour ce camp, une réponse tardive ou aménagée nourrit la répétition, et l’insécurité ressentie par 22 % des habitants dans leur quartier [3] n’est pas une illusion.
S’appuie sur : bases SSMSI 2016-2025, fiche Justice de l’INSEE, Infos rapides et Références statistiques du ministère de la Justice, rapport de l’Inspection générale de la justice.
Camp B · partisans d’une lecture par la victimation, peines hors les murs

« Les plaintes montent plus que les faits, et la prison déborde déjà »

  • Enregistré n’est pas commis. L’enquête de victimation compte 325 000 victimes de violences sexuelles physiques en 2023 [3], quand la police en a enregistré 114 079 la même année, tous âges et toutes violences sexuelles confondus [1] : à périmètres différents, la marge de faits non déclarés se compte en centaines de milliers. Pour ce camp, une hausse des dépôts de plainte suffit à faire monter la série sans que le nombre de faits commis ait bougé, et la hausse enregistrée mesure d’abord un recul du silence.
  • Les vols et les homicides ne montent pas. En dix ans, les vols violents sans arme ont reculé de 48 %, les vols avec armes de 28 %, les vols de véhicule de 24 %, les cambriolages de 15 % [1]. Les homicides sont quasi stables depuis le pic de 2023, à 1,4 pour 100 000 habitants [2]. Le cambriolage inquiète pourtant 52 % des 18 ans ou plus, contre 43 % pour une agression physique [3].
  • La justice condamne plus et enferme plus. Les condamnations ont augmenté de 2,2 % en 2024, les condamnations criminelles de majeurs de 17 % [5]. Le nombre de détenus augmente de 5,2 % sur un an [6], et le taux d’occupation des prisons atteignait 129,5 % au 1er janvier 2025, 149,3 % en maison d’arrêt [7]. Pour ce camp, demander plus d’incarcération sans dire où, c’est demander des cellules à trois.
  • Les peines sont exécutées, et de plus en plus vite.57 % des peines de prison ferme sont mises à exécution le jour même du jugement, « en hausse de 14 points depuis 2020 », et 90 % dans les cinq ans [8]. L’aménagement n’est pas une absence de peine : 19 000 personnes exécutent une peine ferme sous bracelet électronique ou en placement extérieur au 1er juillet 2026 [6].
    Le détail des chiffres

    Le taux de mise à exécution immédiate « était stable depuis 2017 autour de 30 % » et atteignait 45 % en 2021, selon l’Inspection [9] ; sur sa propre série, le ministère mesure 57 % en 2024, en hausse de 14 points depuis 2020 [8], sous l’effet de la loi de programmation et de réforme pour la justice, qui a rendu l’aménagement automatique pour les peines d’un à six mois [8]. Pour ce camp, c’est l’aménagement qui a fait exécuter les peines plus vite, pas le contraire.

S’appuie sur : enquête de victimation VRS via l’INSEE, bases SSMSI 2016-2025, atlas SSMSI, Infos rapides, chiffres clés et Références statistiques du ministère de la Justice.

Camp A : 398 mots, 6 sources · Camp B : 410 mots, 8 sources

5Vrai ou faux ?↑ Sommaire

Trois idées reçues, au banc d’essai

« La délinquance explose en France. »

Selon laquelle

Les violences enregistrées, oui : +154 % de violences sexuelles et +125 % de violences intrafamiliales entre 2016 et 2025, +98 % de tentatives d’homicide [1]. Les vols, non : − 48 % de vols violents sans arme, − 24 % de vols de véhicule, − 15 % de cambriolages sur la même période [1]. Les homicides sont quasi stables depuis le pic de 2023 [2]. Et les violences enregistrées mesurent les plaintes autant que les faits : l’enquête de victimation en compte bien davantage [3].

« Les peines de prison ne sont pas exécutées. »

Faux

Mais « exécutée » ne veut pas dire « en prison ». En 2024, 57 % des peines de prison ferme ont été mises à exécution le jour du jugement, 79 % dans l’année et 90 % dans les cinq ans [8]. Le ministère compte comme mise à exécution l’incarcération, mais aussi l’aménagement de la peine, sous bracelet électronique ou en placement extérieur [8]. Pour les courtes peines de six mois ou moins, 24 % des condamnés sont incarcérés à l’audience et 49 % obtiennent un aménagement [8].

« Les prisons sont pleines parce qu’on ne libère personne. »

Faux

En 2024, 97 221 personnes sont sorties de prison, dont 8 944 en libération conditionnelle [7]. Les prisons sont pleines parce que les entrées dépassent les sorties : le nombre de détenus augmente de 5,2 % en un an au 1er juillet 2026, les condamnés de 5,3 % et les prévenus, non jugés ou en attente d’un jugement définitif, de 5,2 % [6]. Au 1er juillet 2026, 2 700 détenus condamnés avaient moins d’un mois à purger, et 2 400 au moins dix ans [6].

6Et chez les voisins ?↑ Sommaire

Taux de criminalité et sentiment d’insécurité : la France se compare-t-elle ?

Nos sources ne comparent pas la France à ses voisins, et nous n’avons pas instruit les séries européennes d’Eurostat pour ce dossier. La comparaison que nos sources permettent est intérieure. En 2025, la France compte 1,4 victime d’homicide pour 100 000 habitants, la métropole 1,2, les départements et régions d’outre-mer 7,2, la Guyane 13,9 [2]. Pour les tentatives d’homicide, 6,6 pour 100 000 en France, 5,6 en métropole, 34,5 outre-mer [2].

Département par département, la carte des violences intrafamiliales distingue quelques pôles plus qu’elle n’oppose le Nord au Sud : 3,8 victimes pour 1 000 habitants en France en 2025, avec les taux les plus élevés dans le Pas-de-Calais, la Somme et la Seine-Saint-Denis, ainsi qu’en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane et à La Réunion. Mayotte est dans la classe la plus basse, comme la Bretagne, le Massif central, les Alpes et la Corse [2]. Le sentiment d’insécurité suit une autre carte : 22 % des habitants se sentent en insécurité dans leur quartier ou leur village, 25 % des femmes et 19 % des hommes [3].

7Concrètement, pour vous↑ Sommaire

Si vous êtes victime, le chiffre qui vous concerne est celui de l’élucidation : sur les affaires traitées par les parquets en 2024, plus de sept sur dix n’étaient pas poursuivables, dans 67 % de ces cas parce que l’auteur n’a pas été identifié [4]. En 2023, 2,9 % des adultes déclarent que leur ménage a subi un cambriolage ou une tentative, 1,0 % un vol ou une tentative de vol de voiture, et 5,1 % ont eux-mêmes subi un débit frauduleux sur leur compte [3].

Si vous êtes condamné à une peine de prison ferme de six mois ou moins, vous avez 24 chances sur 100 d’être incarcéré à l’audience et 49 sur 100 d’obtenir un aménagement, bracelet ou placement extérieur [8]. Si vous êtes absent à votre procès, la peine est mise à exécution immédiatement dans 6 % des cas, contre 69 % si vous êtes présent [8]. Et si vous entrez en prison, vous y trouverez 129,5 détenus pour 100 places en moyenne, 149,3 en maison d’arrêt [7]. Le prochain chiffre tombe en octobre 2026, avec les détenus au 1er octobre, puis en janvier 2027 avec la délinquance enregistrée de 2026.

8Établi / Disputé↑ Sommaire

Exécution des peines, récidive, hausse des violences : ce que les chiffres tranchent

Établi : la hausse continue des violences enregistrées et le recul des vols sur dix ans [1] ; la quasi-stabilité des homicides depuis le pic de 2023, autour de 1,4 pour 100 000 [2] ; l’écart entre faits enregistrés et faits déclarés en enquête [1][3] ; la déperdition de la chaîne pénale, de 1,94 million de mis en cause à 657 000 poursuivis [4] ; la hausse des condamnations, des détenus et du taux d’occupation [5][6][7] ; et le fait que 57 % des peines fermes sont mises à exécution immédiatement, aménagement compris, en hausse de 14 points depuis 2020 [8].

Disputé : ce que mesure la hausse des violences enregistrées. Pour un camp, des faits en plus [1] ; pour l’autre, des plaintes en plus sur des faits que la victimation comptait déjà [3]. Aucune source ne chiffre la part de chacun. Disputé aussi : la bonne lecture de l’aménagement des peines. Pour un camp, une peine hors des murs est une peine amoindrie [8][9] ; pour l’autre, c’est ce qui a fait passer l’exécution immédiate d’environ 30 % avant 2020, selon l’Inspection, à 57 % en 2024 selon le ministère, sur deux séries qui ne se raccordent pas exactement, dans des prisons à 129,5 % d’occupation [7][8][9]. Sur ces deux points, les mêmes tableaux servent les deux plaidoiries.

9À retenir↑ Sommaire

En trois points

  1. En dix ans, les violences enregistrées ont fortement augmenté (violences sexuelles +154 %, violences intrafamiliales +125 %) et les vols ont reculé (vols violents sans arme − 48 %, cambriolages − 15 %). Les homicides sont quasi stables depuis le pic de 2023, autour de 1,4 victime pour 100 000 habitants.
  2. Enregistré n’est pas subi. L’enquête de victimation compte 643 000 victimes de violences physiques et 325 000 de violences sexuelles physiques en 2023, bien plus que les plaintes ; une hausse des faits enregistrés mêle hausse des faits et hausse des dépôts de plainte, et les sources ne séparent pas les deux.
  3. Sur 1,9 million de personnes mises en cause en 2024, 657 000 ont été poursuivies devant un juge. La même année, 559 400 condamnations ont été prononcées, un chiffre tiré d’un autre fichier, dont le périmètre n’est pas exactement celui des poursuites. 57 % des peines de prison ferme sont mises à exécution immédiatement, neuf sur dix dans les cinq ans, mais « mise à exécution » inclut l’aménagement hors des murs. Les prisons étaient à 129,5 % d’occupation au 1er janvier 2025.
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Sources

  1. [1] SSMSI (service statistique du ministère de l’Intérieur), bases statistiques communale, départementale et régionale de la délinquance enregistrée par la police et la gendarmerie nationales, data.gouv.fr, mise à jour du 9 juillet 2026 (base régionale 2016-2025, 18 indicateurs ; totaux France obtenus par somme des régions, hors homicides ; documentation des unités et des changements de définition).
  2. [2] SSMSI, « Atlas départemental de la délinquance enregistrée en 2025 », édition juillet 2026 (taux d’homicides et de tentatives pour 100 000 habitants par territoire ; évolutions nationales 2024-2025 ; violences pour 1 000 habitants par département).
  3. [3] INSEE, France, portrait social, édition 2025, fiche « Insécurité, victimation », 18 novembre 2025, données SSMSI, enquête Vécu et ressenti en matière de sécurité 2024 (victimes déclarées pour 2023, sentiment d’insécurité et inquiétudes en 2024).
  4. [4] INSEE, France, portrait social, édition 2025, fiche « Justice », 18 novembre 2025, données du ministère de la Justice (orientation des affaires par les parquets en 2024, récidive légale en 2023).
  5. [5] Ministère de la Justice, SSER, « 560 000 condamnations prononcées en 2024 », Infos rapides Justice n° 33, novembre 2025 (données provisoires ; répartition par nature d’infraction et par peine).
  6. [6] Ministère de la Justice, SSER, « Au 1er juillet 2026, +5,2 % de personnes détenues sur un an », Infos rapides Justice n° 42, juillet 2026 (détenus, prévenus, condamnés non détenus, reliquats de peine).
  7. [7] Ministère de la Justice, SSER, « Les chiffres clés de la justice », édition 2025, version corrigée de mars 2026 (peines prononcées en 2024, quantum moyen, taux d’occupation au 1er janvier 2025, libérations en 2024).
  8. [8] Ministère de la Justice, SSER, Références statistiques justice, fiche 12.1 « La mise à exécution des peines d’emprisonnement ferme », édition 2025 (taux de mise à exécution en 2024, définition de la mise à exécution, présence à l’audience, courtes peines, récidive).
  9. [9] Inspection générale de la justice, « Exécution des peines d’emprisonnement ferme », rapport définitif, mars 2022 (délais médians de 4,1 et 8,6 mois, taux d’exécution immédiate de 2017 à 2021).

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