Euthanasie, aide à mourir : ce que la loi de 2026 change vraiment

La France a longtemps interdit toute aide active à mourir. Le 15 juillet 2026, l’Assemblée nationale a définitivement adopté la loi créant un droit à l’aide à mourir, par 291 voix pour et 241 contre [1]. Le Conseil constitutionnel l’a validée le 14 août, sous trois réserves d’interprétation [2]. Le vote est acquis ; le débat de fond continue. Les besoins de soins palliatifs ne sont couverts qu’à moitié, selon l’estimation la plus haute [4], et chaque camp lit les chiffres des pays voisins dans un sens opposé. Voici les faits, puis les deux plaidoiries.

Par La rédaction du Contradictoire

En trois points

  1. La France a créé un droit à l’aide à mourir : loi adoptée le 15 juillet 2026 par 291 voix contre 241, validée par le Conseil constitutionnel le 14 août sous trois réserves ; à la date de vérification de ce dossier (14 août 2026), elle n’était pas encore promulguée ; elle l’a été le 18 août 2026, sous le numéro 2026-794 [17]. Le texte organise l’auto-administration d’une substance létale, avec administration par un soignant si la personne en est physiquement incapable.
  2. Le constat partagé par les deux camps reste entier : les besoins de soins palliatifs ne sont couverts qu’à moitié de leur estimation maximale, 18 départements n’ont pas d’unité en 2025, et la stratégie décennale promet plus d’un milliard d’euros supplémentaires d’ici 2034.
  3. Les pays voisins fournissent les mêmes chiffres aux deux camps : 5,97 % des décès aux Pays-Bas, 4 % en Belgique, 1 % dans l’Oregon. Stabilité contrôlée pour les uns, extension continue pour les autres : la loi française étant un modèle hybride, aucune de ces trajectoires ne prédit la sienne.

Le mot à connaître, l’« aide à mourir » : le terme choisi par la loi française, qui ne contient ni « euthanasie » ni « suicide assisté ». Elle se définit comme le droit, pour une personne qui en a exprimé la demande, d’être « autorisée à recourir à une substance létale » afin de se l’administrer elle-même ou, si elle n’est pas physiquement en mesure de le faire, de se la faire administrer par un médecin ou un infirmier. Les deux modalités existantes à l’étranger sont ainsi réunies dans un seul droit, sous cinq conditions cumulatives.

1La question bête

L’euthanasie était-elle légale en France au 14 août 2026 ?

Pas à cette date, et pas exactement. La loi votée le 15 juillet 2026 [1] a été déclarée conforme à la Constitution le 14 août [2]. À la date de vérification de ce dossier (14 août 2026), la loi n’était pas encore promulguée : elle n’avait pas de numéro, et ses décrets d’application restaient à prendre. La Constitution donne au président de la République quinze jours, à compter de la transmission de la loi au Gouvernement, pour la promulguer ; la saisine du Conseil constitutionnel suspend ce délai, qui a repris son cours à la décision du 14 août (articles 10 et 61) [16]. Elle a depuis été promulguée : c’est la loi n° 2026-794 du 18 août 2026 relative au droit à l’aide à mourir [17]. Et le mot « euthanasie » ne figure pas dans le texte : la loi crée un droit à l’« aide à mourir », défini comme le droit de « recourir à une substance létale » afin de se l’administrer soi-même ou, « lorsqu’elle n’est pas physiquement en mesure de le faire », de se la faire administrer par un médecin ou un infirmier [2].

Concrètement, le droit français distingue désormais quatre actes que le débat public confond souvent. L’arrêt de traitement, autorisé depuis la loi Leonetti de 2005 : on cesse de maintenir en vie. La sédation profonde et continue jusqu’au décès, créée par la loi Claeys-Leonetti de 2016 : on endort pour soulager, sans intention de donner la mort. Le suicide assisté : la personne s’administre elle-même la substance. L’euthanasie au sens strict : un tiers l’administre. La loi de 2026 combine les deux derniers, l’auto-administration étant le principe et l’administration par un soignant l’exception [2]. Cette architecture hybride ne ressemble ni au modèle belge ni au modèle de l’Oregon, et c’est une des raisons pour lesquelles les comparaisons chiffrées demandent des précautions.

Le vote du 15 juillet clôt une navette hors norme : le Sénat a rejeté le texte à chacune de ses lectures, et c’est l’Assemblée nationale qui a eu le dernier mot en lecture définitive, par 291 voix contre 241 sur 532 suffrages exprimés [1]. Deux mois plus tôt, le Parlement avait définitivement adopté un second texte, complémentaire, que le Sénat a, lui, voté : la loi du 26 mai 2026 sur les soins palliatifs, qui crée notamment les « maisons d’accompagnement et de soins palliatifs » [3]. Les deux lois forment un ensemble : l’une ouvre un droit nouveau, l’autre est censée garantir que personne ne le demande faute d’alternative.

2En chiffres

Qu’a-t-on voté, et où en est l’offre de soins ?

291 / 241
voix pour et contre au scrutin définitif du 15 juillet 2026, avec 29 abstentions
Assemblée nationale [1]
50 %
des besoins de soins palliatifs couverts, rapportés à leur estimation maximale, en 2021
Cour des comptes [4]
18
départements sans unité de soins palliatifs en 2025, contre 22 en 2021
CNSPFV [5], Cour des comptes [4]
4 %
des décès enregistrés en Belgique en 2025 sont des euthanasies, contre 3,6 % en 2024
CFCEE [12]

L’état des lieux de l’offre pèse sur tout le débat. La Cour des comptes écrivait en 2023 que les besoins de soins palliatifs ne seraient couverts « qu’à hauteur de 50 % de leur estimation maximale » [4]. Les capacités actuelles et l’investissement promis sont détaillés dans la rubrique « Concrètement, pour vous » ci-dessous.

3Le graphique
Ce que pèse l’aide à mourir là où elle est légale depuis longtemps
Part des décès par euthanasie ou suicide assisté, dernière année publiée par la commission de contrôle de chaque juridiction. Échelle de 0 à 6 %.
Pays-Bas (2025)
5,97 %
Belgique (2025)
4 %
Oregon (2025)
1,0 %
Sources : RTE (Pays-Bas) [13], CFCEE (Belgique) [12], Oregon Health Authority [14]

Attention à ce que ce graphique ne dit pas : ces trois juridictions n’ont pas légalisé la même chose. Les Pays-Bas et la Belgique autorisent l’euthanasie, geste accompli par un médecin ; l’Oregon n’autorise que le suicide assisté, une prescription que le patient s’administre lui-même, et sa part des décès atteint environ 1 % après vingt-huit années de pratique [14]. La loi française étant un hybride des deux modèles [2], aucune de ces trois courbes ne prédit la trajectoire française.

4Les deux camps↑ Sommaire

Un droit qui libère, ou une défaite du soin ?

Deux plaidoiries, à égalité de place : « On ouvre un droit à mourir avant d’avoir garanti le droit d’être soulagé » · « Un droit encadré vaut mieux qu’une clandestinité subie »

Camp A · partisans du droit à l’aide à mourir

« Un droit encadré vaut mieux qu’une clandestinité subie »

  • Les citoyens tirés au sort l’ont demandé. La Convention citoyenne sur la fin de vie, 184 citoyens tirés au sort par le CESE, s’est prononcée à 75,6 % des votants en faveur de l’aide active à mourir, 23,2 % s’y étant opposés [10]. Et le comité d’éthique lui-même a ouvert la porte : le CCNE « considère qu’il existe une voie pour une application éthique de l’aide active à mourir » [9].
  • L’interdit ne faisait pas disparaître les pratiques. La seule enquête nationale, menée par l’INED sur des décès de 2009, mesurait déjà 0,6 % de décès par euthanasie au sens strict, et des administrations de médicaments dont un tiers seulement répondait à une demande du patient [7]. Pour ce camp, un cadre légal avec procédure et contrôle protège mieux les patients que ce non-droit.
  • Sans loi française, le droit existait pour ceux qui pouvaient partir. En 2025, 110 personnes domiciliées en France ont été euthanasiées en Belgique, sur 123 non-résidents pris en charge [12]. Un droit de fait réservé à ceux qui ont l’information, la mobilité et les moyens, ce que ce camp juge plus inégalitaire qu’un droit ouvert à tous.
  • Les contrôles étrangers tiennent, selon ce camp. Aux Pays-Bas, 7 signalements sur 10 341 ont été jugés non conformes aux critères légaux [13].
    Le détail des chiffres

    Aux Pays-Bas, 7 signalements sur 10 341 ont été jugés non conformes aux critères légaux en 2025 [13] ; en Belgique, aucun dossier n’a été transmis au procureur du Roi [12] ; dans l’Oregon, la part des décès n’est que d’environ 1,0 % après vingt-huit ans [14].

S’appuie sur : synthèse de la Convention citoyenne (CESE), avis 139 du CCNE, enquête INED, rapports des commissions de contrôle belge, néerlandaise et de l’Oregon.
Camp B · opposants au texte, qui demandent les soins palliatifs d’abord

« On ouvre un droit à mourir avant d’avoir garanti le droit d’être soulagé »

  • Le prérequis n’est pas rempli, et le CCNE en avait fait une condition. Le même avis 139 qui ouvre une voie éthique ajoute « qu’il ne serait pas éthique d’envisager une évolution de la législation si les mesures de santé publique recommandées dans le domaine des soins palliatifs ne sont pas prises en compte » [9]. Or les besoins ne sont couverts qu’à 50 % de leur estimation maximale [4].
    Le détail des chiffres

    Or les besoins ne sont couverts qu’à 50 % de leur estimation maximale [4], et 18 départements restent sans unité en 2025 [5].

  • Le monde du soin n’en voulait pas, ou s’est divisé. La SFAP et plus de vingt organisations professionnelles et sociétés savantes du soin ont appelé les députés à rejeter le texte [15].
    Le détail des chiffres

    La SFAP et plus de vingt organisations professionnelles et sociétés savantes du soin ont dénoncé un « passage en force » et appelé les députés à rejeter le texte le 15 juillet [15]. L’Académie de médecine n’a adopté son avis, favorable à la seule assistance au suicide à titre exceptionnel, que par 60 voix pour, 24 contre et 10 abstentions [11].

  • Les volumes étrangers augmentent d’année en année, une extension continue selon ce camp. En Belgique, les euthanasies ont augmenté de 12,4 % en un an [12].
    Le détail des chiffres

    En Belgique, les euthanasies ont augmenté de 12,4 % en un an, passant de 3,6 % à 4 % des décès [12] ; aux Pays-Bas, de 5,79 % à 5,97 % [13]. Et les cancers ne représentent plus que 49,9 % des euthanasies belges, une part en diminution [12].

  • Le contrôle a posteriori ne contrôle rien, selon ce camp. Le zéro dossier transmis au procureur du Roi en Belgique [12], preuve de conformité pour le camp adverse, est retourné par ce camp : un contrôle exercé après la mort ne peut plus rien constater.
S’appuie sur : avis 139 du CCNE, Cour des comptes, atlas du CNSPFV, communiqués de la SFAP, avis de l’Académie de médecine, rapports CFCEE et RTE.

Camp A : 290 mots, 6 sources · Camp B : 340 mots, 7 sources

5Vrai ou faux ?↑ Sommaire

Trois idées reçues, vraies ou fausses ?

« La France a légalisé l’euthanasie, comme la Belgique. »

Confusion

Pas exactement, et la différence change les comparaisons. La loi belge organise une euthanasie au sens strict : le geste létal est accompli par un médecin. La loi de l’Oregon organise l’inverse : une prescription que le patient s’administre lui-même. La loi française votée le 15 juillet 2026 est un modèle hybride : la personne s’administre la substance létale elle-même et, seulement « lorsqu’elle n’est pas physiquement en mesure de le faire », se la fait administrer par un médecin ou un infirmier [2]. Le mot « euthanasie » ne figure d’ailleurs pas dans le texte, qui dit « aide à mourir » [2]. Conséquence : prédire que la France suivra la trajectoire belge (4 % des décès [12]) ou celle de l’Oregon (1 % des décès [14]) suppose de dire lequel des deux modèles la pratique française épousera, et personne ne le sait encore.

« Des milliers d’euthanasies clandestines ont déjà lieu chaque année en France. »

Confusion

Le seul chiffre institutionnel disponible est ancien et dit autre chose. L’enquête de l’INED sur les décès de décembre 2009, publiée en 2012, mesure que 0,6 % des décès relèvent d’une euthanasie au sens strict, « mettre fin à la vie d’une personne malade à sa demande », dont 0,2 % par administration délibérée d’une substance létale, soit 11 cas dans l’échantillon [7]. Le chiffre plus large qui circule, 0,8 % des décès par « administration de médicaments », agrège des actes dont seule une minorité répondait à une demande du patient : l’enquête précise qu’environ un tiers seulement de ces administrations étaient demandées [7]. Deux réserves s’imposent donc : ces données ont plus de quinze ans, aucune mesure nationale n’a été refaite depuis ; et les présenter comme des « euthanasies clandestines » leur fait dire plus que ce qu’elles mesurent.

« Depuis la loi Claeys-Leonetti, l’accès aux soins palliatifs est garanti à tous. »

Faux

Le droit existe, pas la couverture. La Cour des comptes l’écrit en 2023 : « Les besoins estimés de soins palliatifs ne seraient couverts qu’à hauteur de 50 % de leur estimation maximale alors même que le droit d’accès aux soins palliatifs, reconnu par la loi Claeys-Leonetti, suppose une couverture de la totalité des besoins. » [4] En 2021, 22 départements n’avaient aucune unité de soins palliatifs [4] ; en 2025, ils sont encore 18, selon l’atlas du Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie [5]. C’est précisément ce constat, partagé par les deux camps, qui a conduit au vote d’une seconde loi, promulguée le 26 mai 2026, consacrée aux soins palliatifs [3].

6Et chez les voisins ?↑ Sommaire

Que disent vraiment les pays qui ont légalisé ?

Une précaution vaut pour tous : ces juridictions n’ont pas légalisé le même acte, et la part des décès n’y mesure donc pas la même chose. Les parts de décès sont celles du graphique de la rubrique « Le graphique » ci-dessus. En volume, les Pays-Bas ont enregistré 10 341 signalements d’euthanasie en 2025, en hausse de 3,8 % [13]. En Belgique, la commission fédérale a enregistré 4 486 euthanasies en 2025 [12]. Dans l’Oregon, qui n’autorise que le suicide assisté et en publie les données depuis 1998, 637 prescriptions ont été délivrées en 2025 et 400 décès par ingestion recensés [14].

7Concrètement, pour vous↑ Sommaire

À la date de vérification de ce dossier (14 août 2026), la loi n’était pas encore promulguée ; elle l’a été le 18 août 2026, sous le numéro 2026-794 [17]. Tant qu’elle n’est pas entrée en vigueur, le droit applicable reste celui de la loi Claeys-Leonetti de 2016, qui permet de refuser ou d’arrêter un traitement et, en fin de vie, de demander une sédation profonde et continue jusqu’au décès. À l’entrée en vigueur, l’aide à mourir sera réservée aux personnes remplissant cinq conditions cumulatives : avoir au moins 18 ans ; être de nationalité française ou résider de façon stable et régulière en France ; être atteint d’une « affection grave et incurable, quelle qu’en soit la cause, qui engage le pronostic vital, en phase avancée ou en phase terminale » ; présenter une souffrance soit réfractaire aux traitements, soit insupportable selon la personne lorsqu’elle a choisi de ne pas recevoir ou d’arrêter un traitement ; et être apte à manifester sa volonté de façon libre et éclairée [2]. Les professionnels de santé disposeront d’une clause de conscience [2].

Et si vous accompagnez un proche en fin de vie aujourd’hui, l’accès aux soins palliatifs dépend fortement du département : 18 n’ont aucune unité dédiée en 2025 [5]. Cette géographie inégale de l’offre de soins ne concerne pas que la fin de vie (voir notre dossier sur les déserts médicaux).

En 2025, la France compte 180 unités de soins palliatifs totalisant 2 128 lits, 6 538 lits identifiés dans d’autres services et 438 équipes mobiles [5]. La dépense publique dédiée, 1,453 milliard d’euros en 2021 [4], doit passer « de 1,6 milliard d’€ en 2022 à 2,7 milliards d’€ en 2034 » selon la stratégie décennale du ministère de la Santé, soit « plus d’un milliard d’euros » supplémentaires sur dix ans [6]. La population à prendre en charge est estimée à près de 440 000 personnes en 2034, quand 190 000 personnes étaient effectivement prises en charge au moment où la stratégie a été écrite [6]. Un investissement à suivre dans un budget public déjà sous tension (voir notre dossier sur la dette publique).

8Établi / Disputé↑ Sommaire

Qu’est-ce qui est établi, qu’est-ce qui reste disputé ?

Établi : la loi créant un droit à l’aide à mourir a été adoptée le 15 juillet 2026 par 291 voix contre 241 [1]. Elle a été déclarée conforme à la Constitution le 14 août 2026, sous trois réserves d’interprétation portant sur les majeurs protégés, les pharmaciens et les établissements privés [2]. Elle a été promulguée le 18 août 2026 sous le numéro 2026-794 [17]. Une loi distincte sur les soins palliatifs a été promulguée le 26 mai 2026 [3]. Les besoins de soins palliatifs ne sont couverts qu’à hauteur de 50 % de leur estimation maximale [4], et 18 départements n’ont pas d’unité en 2025 [5]. Il n’existe aucun comptage national des sédations profondes et continues, dont l’IGAS relevait dès 2018 le « défaut de traçabilité » [8]. Les chiffres des commissions de contrôle étrangères sont ceux du graphique ci-dessus [12][13][14]. Établi aussi : la stratégie décennale estime à près de 440 000 personnes en 2034 la population à prendre en charge en soins d’accompagnement [6].

Disputé : ce que disent les chiffres étrangers, une pratique qui s’installe sous contrôle pour un camp [13][14], une extension continue pour l’autre [12]. Le lien entre l’offre palliative insuffisante et les demandes d’aide à mourir, que chaque camp invoque en sens inverse. La valeur d’un contrôle exercé après le décès : le zéro transmission au procureur belge [12] est la pièce centrale des deux plaidoiries à la fois. La suffisance de la clause de conscience telle que validée [2]. Et la question, plus ancienne que la loi, de savoir si donner la mort peut être un soin, sur laquelle ce dossier ne tranche pas. Le monde médical lui-même s’est divisé : l’Académie de médecine n’a adopté son avis que par 60 voix pour, 24 contre et 10 abstentions [11].

9À retenir↑ Sommaire

En trois points

  1. La France a créé un droit à l’aide à mourir : loi adoptée le 15 juillet 2026 par 291 voix contre 241, validée par le Conseil constitutionnel le 14 août sous trois réserves ; à la date de vérification de ce dossier (14 août 2026), elle n’était pas encore promulguée ; elle l’a été le 18 août 2026, sous le numéro 2026-794 [17]. Le texte organise l’auto-administration d’une substance létale, avec administration par un soignant si la personne en est physiquement incapable.
  2. Le constat partagé par les deux camps reste entier : les besoins de soins palliatifs ne sont couverts qu’à moitié de leur estimation maximale, 18 départements n’ont pas d’unité en 2025, et la stratégie décennale promet plus d’un milliard d’euros supplémentaires d’ici 2034.
  3. Les pays voisins fournissent les mêmes chiffres aux deux camps : 5,97 % des décès aux Pays-Bas, 4 % en Belgique, 1 % dans l’Oregon. Stabilité contrôlée pour les uns, extension continue pour les autres : la loi française étant un modèle hybride, aucune de ces trajectoires ne prédit la sienne.

Corrections

  1. — Rubriques « En trois points », « La question bête », « Concrètement, pour vous » et « Établi / Disputé ». Le dossier indiquait qu’à sa date de vérification, le 14 août 2026, la loi « n’était pas encore promulguée » et « n’avait pas de numéro », et il annonçait la promulgation comme à venir, au plus tard le 29 août. Elle a en réalité eu lieu le 18 août 2026 : c’est la loi n° 2026-794 du 18 août 2026 relative au droit à l’aide à mourir, selon le dossier législatif du Sénat [17]. Le numéro et la date sont ajoutés partout où le dossier parlait de la promulgation, et l’annonce devenue caduque a été retirée. Ce qui n’a pas changé, faute de source : rien n’est affirmé sur l’entrée en vigueur ni sur les décrets d’application, qu’aucune des sources consultées le 24 août 2026 ne date.
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Sources

  1. [1] Assemblée nationale, scrutin public n° 8280 du 15 juillet 2026 sur l’ensemble de la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir, lecture définitive (561 votants, 532 suffrages exprimés, majorité absolue à 267 ; 291 pour, 241 contre, 29 abstentions). Pour la navette complète, Sénat, « la loi en clair » de la proposition de loi (texte non adopté par le Sénat en première lecture le 28 janvier 2026, rejeté en deuxième lecture le 12 mai, commission mixte paritaire sans accord le 2 juin, motion entraînant le rejet adoptée le 7 juillet).
  2. [2] Conseil constitutionnel, décision n° 2026-910 DC du 14 août 2026, loi relative au droit à l’aide à mourir : conformité à la Constitution sous trois réserves d’interprétation (paragraphes 121, 166 et 188) ; définition de l’aide à mourir et conditions d’accès citées aux paragraphes 9, 10 et 27 ; clause de conscience aux paragraphes 149-150.
  3. [3] Sénat, « la loi en clair », loi n° 2026-404 du 26 mai 2026 visant à garantir l’égal accès de tous à l’accompagnement et aux soins palliatifs (promulguée le 26 mai 2026 ; création des maisons d’accompagnement et de soins palliatifs).
  4. [4] Cour des comptes, « Les soins palliatifs : une offre de soins à renforcer », juillet 2023, données 2021 (besoins couverts à 50 % de leur estimation maximale, citation en synthèse p. 8 ; 22 départements sans unité de soins palliatifs ; dépense publique de 1,453 Md€).
  5. [5] Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie (CNSPFV), Atlas des soins palliatifs et de la fin de vie, 4e édition, 2026, données 2025 (180 USP et 2 128 lits ; 6 538 lits identifiés ; 438 équipes mobiles ; 18 départements sans USP ; PDF intégral).
  6. [6] Ministère de la Santé, « Stratégie décennale des soins d’accompagnement », avril 2024 (plus d’un milliard d’euros supplémentaires sur dix ans ; dépense passant de 1,6 Md€ en 2022 à 2,7 Md€ en 2034 ; 190 000 personnes prises en charge, près de 440 000 estimées en 2034).
  7. [7] INED, Sophie Pennec et al., « Les décisions médicales en fin de vie en France », Population & Sociétés n° 494, décembre 2012, enquête sur des décès de décembre 2009 (3,1 % des décès après un acte visant à mettre fin à la vie ; euthanasies au sens strict 0,6 %, dont 0,2 % par substance létale, 11 cas ; environ un tiers des administrations de médicaments à la demande du patient).
  8. [8] IGAS, « Évaluation de l’application de la loi du 2 février 2016 sur la fin de vie », rapport n° 2017-161R, 2018 (« défaut de traçabilité des décisions de sédation profonde et continue jusqu’au décès »).
  9. [9] CCNE, avis 139, « Questions éthiques relatives aux situations de fin de vie : autonomie et solidarité », 13 septembre 2022 (citation sur la voie éthique et sur la condition des mesures de santé publique ; l’avis comporte une « Réserve » signée par une partie des membres).
  10. [10] Convention citoyenne sur la fin de vie, synthèse officielle (CESE), avril 2023 (75,6 % des votants favorables à l’aide active à mourir ; 23,2 % contre ; 184 citoyens tirés au sort).
  11. [11] Académie nationale de médecine, avis « Favoriser une fin de vie digne et apaisée », séance du 27 juin 2023 (texte adopté par 60 voix pour, 24 voix contre et 10 abstentions).
  12. [12] Commission fédérale de contrôle et d’évaluation de l’euthanasie (Belgique), chiffres de l’euthanasie en 2025 (4 486 déclarations, +12,4 % ; 4 % des décès contre 3,6 % en 2024 ; cancers 49,9 % ; 123 non-résidents dont 110 domiciliés en France ; aucun dossier transmis au procureur du Roi ; document chiffré).
  13. [13] Regionale Toetsingscommissies Euthanasie (Pays-Bas), rapport annuel 2025 (10 341 signalements, +3,8 % ; 173 314 décès aux Pays-Bas, soit 5,97 % par euthanasie, contre 5,79 % en 2024 ; 7 signalements jugés non conformes).
  14. [14] Oregon Health Authority, Death with Dignity Act, 28e rapport annuel, données 2025 (637 prescriptions ; 400 décès par ingestion recensés au 23 janvier 2026 ; environ 1,0 % des décès de l’État).
  15. [15] SFAP, communiqués sur la proposition de loi fin de vie (avec plus de vingt organisations professionnelles et sociétés savantes du soin, appel aux députés à rejeter le texte le 15 juillet).
  16. [16] Conseil constitutionnel, « Texte intégral de la Constitution du 4 octobre 1958 en vigueur » (article 10 : promulgation « dans les quinze jours qui suivent la transmission au Gouvernement de la loi définitivement adoptée » ; article 61, dernier alinéa : la saisine du Conseil constitutionnel « suspend le délai de promulgation »).
  17. [17] Sénat, dossier législatif « La loi en clair », proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir (consulté le 24 août 2026 : la loi y est donnée comme « promulguée » sous l’intitulé « LOI n° 2026-794 du 18 août 2026 », promulguée par le président de la République « le mardi 18 août 2026 »). Le texte publié au Journal officiel n’a pas été lu : Légifrance (JORFTEXT000054706877) était inaccessible à la consultation le 24 août 2026.

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