Dette de la France : 3 536 milliards d’euros. Et maintenant ?
La dette publique française atteint 117,5 % de la richesse produite en un an (PIB) fin mars 2026, et sa charge d’intérêts est prévue à 74 milliards en 2026, toutes administrations publiques confondues. Un camp veut redresser les comptes, l’autre préserver la croissance. Voici les faits, puis les deux plaidoiries.
Par La rédaction du Contradictoire
Publié le 28 juillet 2026 · 14 min de lecture · Chiffres vérifiés le 26 août 2026 · Toutes les sources en bas de page

Photo : Regan Dsouza · Pexels
En trois points
- 3 536 Md€ (117,5 % du PIB) : la dette atteint un record. Ses intérêts atteignent 74 Md€ prévus en 2026 pour l’ensemble des administrations publiques, en comptabilité nationale [3] ; la charge de la dette (les intérêts versés) du seul budget de l’État, comptée autrement, s’élève à 58,0 Md€ [9].
- Personne ne « rembourse » une dette d’État : on la refinance. Le débat porte sur la trajectoire (le rythme auquel la dette monte ou baisse), et sur qui supporte l’effort pour l’infléchir.
- Le camp de la rigueur a pour lui la charge d’intérêts qui s’emballe ; le camp anti-austérité, le risque de casser la croissance en coupant trop vite. Les deux s’appuient sur des faits réels.
Le mot à connaître, « rouler la dette » : emprunter de nouveau pour rembourser les emprunts arrivant à échéance. Tous les États le font en permanence ; c’est le taux auquel on « roule » qui fait la douleur.
C’est quoi, au juste, « la dette publique » ?
C’est tout ce que l’État, la Sécurité sociale et les collectivités locales ont emprunté et n’ont pas encore remboursé. Cette définition, dite « au sens de Maastricht », est celle qu’utilisent l’INSEE et Eurostat pour mesurer la dette totale. Chaque année où les dépenses publiques dépassent les recettes, c’est le déficit, l’écart est comblé en empruntant, et la dette grossit d’autant. Le budget de l’État français n’a plus été voté en équilibre depuis 1974 : la dette monte donc, plus ou moins vite, depuis cinquante ans.
Qui détient la dette de la France ?
Ceux qui ont acheté des titres de dette française. Début 2025, 54,7 % de la dette négociable de l’État (celle qui s’échange sur les marchés) était détenue par des non-résidents (des investisseurs établis hors de France) ; le reste l’est par des assureurs, banques et fonds français, dont, indirectement, votre assurance-vie [6]. Vous êtes donc peut-être créancier de l’État sans le savoir.
Cette répartition nourrit le débat. Pour les uns, dépendre pour moitié d’investisseurs étrangers rend le pays vulnérable à un retournement des marchés, qui renchérirait chaque nouvel emprunt ; pour les autres, qu’ils continuent d’acheter montre que la signature française inspire confiance. Les deux lectures reviennent dans les plaidoiries ci-dessous.
À combien s’élève la dette de la France ?
| Année | Dette (% du PIB) |
|---|---|
| 1995 | 55,8 |
| 2007 | 66,8 |
| 2020 | 114,9 |
| 2023 | 109,5 |
| 2025 | 115,6 |
| T1 2026 | 117,5 |
La dette a augmenté de 75,6 milliards d’euros au seul premier trimestre 2026 ; elle se répartit entre l’État (2 889 Md€), la Sécurité sociale (301 Md€) et les collectivités locales (277 Md€) [1]. La charge d’intérêts, plus de 65 Md€ en 2025 et 74 Md€ prévus en 2026, se mesure à l’échelle de toutes les administrations publiques [3]. Pour le seul budget de l’État, elle passe de 53,5 Md€ en 2025 à 58,0 Md€ prévus en 2026 [9].
Le débat, plaidoirie contre plaidoirie
Les deux camps puisent l’un et l’autre dans le rapport de la Cour des comptes sur les finances publiques [13], source commune de leurs plaidoiries.
Deux plaidoiries, à égalité de place : « Réduire vite, ou subir » · « L’austérité coûterait plus cher que la dette »
« Réduire vite, ou subir »
- Les intérêts dévorent le budget. 58 Md€ pour le seul État en 2026, contre 53,5 Md€ un an plus tôt [9] : chaque euro d’intérêt est un euro qui ne va ni à l’école, ni à l’hôpital, ni à la défense. Et l’effet boule de neige menace dès que le taux d’emprunt dépasse la croissance nominale (croissance et inflation additionnées).
- La France n’a plus de coussin. À 117,5 % du PIB [1], que reste-t-il pour amortir la prochaine crise ?
Le détail des chiffres
À 117,5 % du PIB [1] et 5,1 % de déficit [2], que reste-t-il pour amortir la prochaine crise (récession, pandémie, conflit) ? En 2008 comme en 2020, ce sont les États peu endettés qui ont pu réagir massivement.
- Le problème est la dépense, pas les recettes. En 2025, la dépense publique hors crédits d’impôt a atteint 56,6 points de PIB (c’est-à-dire 56,6 % de la richesse produite en un an) [13] ; crédits d’impôt compris, l’INSEE la mesure à 57,2 % [15]. Pour ce camp, l’ajustement par l’impôt est épuisé : il faut trier les dépenses.
Le détail des chiffres
En 2025, les prélèvements obligatoires (impôts et cotisations) ont atteint 43,6 points de PIB, soit « le ratio le plus élevé de la zone euro », et la dépense publique hors crédits d’impôt 56,6 points, en hausse pour la deuxième année consécutive et 2,0 points au-dessus de son niveau d’avant-crise [13].
- La crédibilité se paie cash. Le taux moyen à l’émission des obligations du Trésor (les titres de dette de l’État) a atteint 3,35 % en 2025 [13] : chaque emprunt arrivé à échéance est remplacé par un emprunt plus cher. Pour ce camp, plus on attend, plus l’ajustement sera brutal.
Le détail des chiffres
Le taux moyen à l’émission des obligations du Trésor est passé d’un niveau « nul en moyenne en 2021 » à 1,70 % en 2022, puis 3,35 % en 2025 [13]. La Cour des comptes relève par ailleurs que l’atténuation au Parlement des efforts programmés « érode la confiance des acheteurs de la dette publique française » [13].
« L’austérité coûterait plus cher que la dette »
- Couper casse la croissance. Deux économistes du FMI ont montré, en réexaminant les prévisions du début de la crise, que, dans les économies avancées, les plans de consolidation les plus ambitieux avaient été suivis d’une croissance plus faible qu’attendu. Ils y voient l’indice que les multiplicateurs budgétaires, l’effet d’un euro de coupe sur l’activité, étaient « substantiellement plus élevés que ce que supposaient implicitement les prévisionnistes » (notre traduction) [10]. Autrement dit, une austérité brutale peut réduire le PIB plus qu’elle ne réduit le déficit.
- Une dette a deux faces. En face du passif, il y a un actif, et il est chiffré : passifs déduits, le patrimoine net des administrations publiques s’établit à 690 milliards d’euros, et il est positif [14]. Pour ce camp, juger un État sur son seul passif revient à juger une entreprise sur ses seuls emprunts, sans regarder ce qu’ils ont financé.
Le détail des chiffres
L’INSEE évalue les actifs non financiers des administrations publiques à 2 821 milliards d’euros fin 2024, dont 2 400 milliards de constructions et de terrains. Passifs déduits, leur patrimoine net s’établit à 690 milliards d’euros, et il est positif [14].
- Le ratio se réduit aussi par le bas. Un ratio est une division : il baisse aussi quand le dénominateur monte. La Cour des comptes elle-même range parmi les leviers « certains investissements publics structurants aux effets directs sur la croissance potentielle, par exemple dans les réseaux de transport ou l’efficacité énergétique », au même titre que des réformes des retraites et de l’assurance chômage [13]. Ce camp en tire qu’investir est aussi une politique de désendettement.
- Le vrai risque est social et politique. Couper les services publics pour rassurer les marchés, c’est nourrir la colère qui déstabilise bien plus sûrement un pays que quelques dixièmes de point de pourcentage de spread (l’écart de taux d’emprunt entre États).
Camp A : 374 mots, 5 sources · Camp B : 348 mots, 3 sources
Trois idées reçues, au banc d’essai
« Au-delà de 90 % du PIB, une dette tue la croissance. »
FauxOubliez ce seuil. Il vient d’une étude de Reinhart et Rogoff (2010), qui mesurait une croissance moyenne de −0,1 % au-delà de 90 % de dette, contre 2,8 % dans la tranche 60-90 % [8]. Trois chercheurs ont obtenu le tableur original en 2013 et refait le calcul : ils y relèvent des erreurs de codage, des données disponibles écartées et une pondération inhabituelle. Recalculée, la croissance au-delà de 90 % n’est pas de −0,1 % mais de +2,2 %, contre 3,2 % dans la tranche 60-90 % : l’écart réel entre les deux tranches les plus endettées est d’un point. Les auteurs écrivent que Reinhart et Rogoff le surestimaient de 2,3 points, « un facteur de près de deux et demi » (notre traduction ; 20 économies avancées, 1946-2009) [8]. Au dernier pointage d’Eurostat, la Grèce (149,7 % du PIB) et l’Italie (137,8 %) vivent bien au-delà du seuil supposé fatal [5]. Il n’existe pas de seuil magique : ce qui compte, c’est la crédibilité et l’écart entre taux et croissance.
« La France ne rembourse jamais sa dette. »
NuanceElle rembourse chaque emprunt à son échéance, au centime près, mais en empruntant de nouveau pour le faire. C’est le « roulement » de la dette, pratiqué par tous les États. Ce qui est vrai : le stock ne baisse presque jamais, car le budget est en déficit chaque année depuis 1974.
« Il suffirait d’annuler la dette détenue par la BCE. »
Faux (en l’état du droit)L’article 123 du traité européen interdit le financement monétaire des États. Une annulation supposerait de changer les traités, à l’unanimité des 27. Économiquement, ses effets sont débattus ; juridiquement, la porte est aujourd’hui fermée.
Faut-il rembourser la dette, ou seulement arrêter qu’elle monte ?
C’est la question que tout le monde pose, et la réponse tient en une distinction que la Cour des comptes formule précisément. Le critère n’est jamais le remboursement du stock : il porte sur le solde primaire, c’est-à-dire le solde budgétaire hors charge d’intérêts. Et il y a deux seuils, qu’il ne faut pas confondre.
Pour stabiliser le ratio de dette, il faut un solde primaire à l’équilibre. La Cour écrit que le déficit primaire, « de 2,5 points de PIB en 2026, resterait nettement supérieur au niveau qui permettrait de stabiliser la dette publique rapportée au PIB, c’est-à-dire un solde primaire à l’équilibre » [13]. Pour le faire baisser, il faut aller au-delà : un « excédent primaire suffisamment important », que la Cour qualifie de « condition sine qua non pour infléchir durablement le ratio de dette » [13].
L’écart à combler est chiffré. En 2025, le déficit public s’est élevé à 152,5 milliards d’euros, soit 5,1 points de PIB, contre 5,8 points en 2024 [13]. Or, écrit la Cour, « pour stabiliser ce ratio à son niveau de 2024, il aurait fallu que le déficit soit contenu à 62,9 Md€. Un effort supplémentaire de réduction du déficit de 89,6 Md€, soit 3,0 points de PIB, est encore nécessaire pour interrompre cette dégradation » [13]. Autrement dit : personne ne demande de rembourser 3 536 milliards, mais arrêter la hausse du ratio suppose déjà de ramener le déficit annuel près de 90 milliards d’euros plus bas, et de l’y maintenir. Il s’agit d’un niveau de déficit à atteindre, pas d’une somme à économiser chaque année en plus de la précédente.
Quelles sont les pistes pour faire baisser le ratio ?
Un ratio est une division. On peut agir sur le numérateur, la dette, ou sur le dénominateur, le PIB. Les leviers se rangent donc en trois familles, et la Cour des comptes les documente toutes les trois.
Réduire la dépense. En 2025, la dépense publique hors crédits d’impôt a atteint 1 694,0 milliards d’euros, en hausse de 1,4 % en volume (hors inflation), soit plus vite que le PIB [13] ; crédits d’impôt compris, l’INSEE la mesure à 1 714,1 milliards, soit 57,2 % du PIB [15]. Les deux institutions ne se contredisent pas : elles ne publient pas le même agrégat, et l’écart, une vingtaine de milliards, est celui des crédits d’impôt. C’est le genre de précision qui décide d’un débat budgétaire, puisque le point de départ n’est pas le même selon le document que l’on ouvre. La Cour note aussi un levier moins évident : « les épisodes inflationnistes peuvent même représenter une opportunité pour freiner l’évolution en volume des dépenses publiques, par exemple en sous-indexant temporairement des prestations » [13].
Augmenter les recettes. C’est le levier déjà actionné : les prélèvements obligatoires ont atteint 1 305,1 milliards d’euros en 2025, en hausse de 51,0 milliards, dont 23 milliards de hausses d’impôts et 28 milliards d’évolution spontanée (recettes supplémentaires dues à l’activité, sans changement de la loi). Ces hausses ont pesé sur les grandes entreprises « pour près de 40 % », les ménages et les consommateurs d’électricité en supportant « un peu plus du quart » [13].
Faire grossir le dénominateur. C’est le levier de la croissance, et il n’est pas réservé à un camp : la Cour range parmi les mesures utiles « des réformes des systèmes de retraite et de l’assurance chômage » ainsi que « certains investissements publics structurants aux effets directs sur la croissance potentielle, par exemple dans les réseaux de transport ou l’efficacité énergétique » [13]. Une nuance décisive : la Cour présente ces investissements comme un complément de la consolidation (le redressement des comptes), écrivant qu’elle « gagne à être adossée à une politique permettant de soutenir la compétitivité et le potentiel de croissance » [13]. Jamais comme un substitut.
Le contre-exemple qu’elle cite est italien : une croissance « structurellement faible qui impose des efforts budgétaires difficiles et pourtant à peine suffisants pour stabiliser le ratio de dette autour de 140 points de PIB sans l’infléchir » [13]. Sa recommandation générale tient en une phrase : « une consolidation choisie est préférable à une consolidation subie dans l’urgence sous l’effet d’une contrainte de marché ou de la pression des créanciers » [13].
Quel est le pays le plus endetté d’Europe ?
La Grèce, avec 149,7 % du PIB, devant l’Italie (137,8 %) puis la France (117,7 %). Les trois dépassent nettement la moyenne de la zone euro, 88,5 %, et l’Allemagne reste à 63,0 % [5].
Dette publique en % du PIB au troisième trimestre 2025, dernier trimestre publié par Eurostat pour tous les pays (communiqué du 22 janvier 2026) [5]. Depuis, la France a atteint 117,5 % au premier trimestre 2026 (INSEE) [1].
Rapportée aux 69,1 millions d’habitants que compte le pays [7], la dette représente environ 51 000 € par personne. Un chiffre symbolique (personne ne recevra la facture), mais qui donne l’échelle.
Retenez plutôt ce chiffre : la charge d’intérêts de 2025 (plus de 65 Md€, toutes administrations publiques) représente plus de 940 € par habitant et par an. Une charge qui pèse sur le solde public avant toute décision : autant qui ne financera ni école, ni hôpital, ni baisse d’impôt. C’est l’enjeu réel du débat ci-dessus : faut-il réduire ce poste par des économies, ou par la croissance ? Les deux bouts de cette équation ont leur dossier ici : côté dépenses, le système de retraite et son déficit (voir notre dossier sur les retraites) ; côté recettes, le débat sur la fiscalité du patrimoine (voir notre dossier sur l’ISF et celui sur la taxe Zucman).
Deux autres montants se rattachent directement à ces débats. Le coût des allègements de cotisations sociales approche 75 milliards d’euros en 2024, soit environ 2,5 % du PIB, et le point de sortie du dispositif est fixé en multiples du salaire minimum [11] (voir notre dossier sur le SMIC). Les aides au logement, elles, s’élèvent à 43,1 milliards d’euros en 2024 : l’État en finance 73,2 %, devant les employeurs et les collectivités, à 10,8 % chacun [12] (voir notre dossier sur l’encadrement des loyers).
Ce que disent les études, et ce qu’elles ne disent pas
Établi : pas de seuil fatal universel ; ce qui compte est la monnaie d’emprunt, la crédibilité, et l’écart entre taux d’intérêt et croissance. Établi aussi : la charge d’intérêts française augmente mécaniquement à mesure que la dette ancienne, empruntée à taux quasi nuls, est refinancée aux taux actuels [3]. Ce point n’est contesté par personne.
Disputé : la taille des multiplicateurs budgétaires (combien d’activité perd-on par euro de dépense coupée ?), la part de l’ajustement à faire porter sur les dépenses plutôt que sur les recettes, et le rythme : étaler l’effort le rend-il indolore, ou incrédible ?
En trois points
- 3 536 Md€ (117,5 % du PIB) : la dette atteint un record. Ses intérêts atteignent 74 Md€ prévus en 2026 pour l’ensemble des administrations publiques, en comptabilité nationale [3] ; la charge de la dette (les intérêts versés) du seul budget de l’État, comptée autrement, s’élève à 58,0 Md€ [9].
- Personne ne « rembourse » une dette d’État : on la refinance. Le débat porte sur la trajectoire (le rythme auquel la dette monte ou baisse), et sur qui supporte l’effort pour l’infléchir.
- Le camp de la rigueur a pour lui la charge d’intérêts qui s’emballe ; le camp anti-austérité, le risque de casser la croissance en coupant trop vite. Les deux s’appuient sur des faits réels.
Corrections
- — Rubrique « Les deux camps », camp A, et son détail des chiffres. Nous écrivions « la dépense publique a atteint 56,6 points de PIB » en créditant la Cour des comptes. Le chiffre est exact, mais il lui manquait le qualificatif que porte la source elle-même : la Cour mesure la dépense publique « hors crédit d’impôt », soit 1 694,0 milliards d’euros en 2025. L’INSEE, lui, publie la dépense totale, crédits d’impôt compris : 1 714,1 milliards, soit 57,2 % du PIB. Les deux institutions ne se contredisent pas, elles ne publient pas le même agrégat, et l’écart d’une vingtaine de milliards est celui des crédits d’impôt (19,9 en 2024, 20,1 en 2025). Le qualificatif est ajouté aux trois endroits où le dossier avance ce chiffre : les deux passages du camp A et le paragraphe « Réduire la dépense » de la rubrique des pistes, où la valeur de l’INSEE est désormais publiée à côté et où l’écart est expliqué. La source [15] a été créée pour l’INSEE. La synthèse de la Cour, seul document lié jusqu’ici, ne nommait pas l’agrégat : le lien vers son rapport complet, qui le nomme, a été ajouté à la source [13].
- — Rubrique « Les deux camps », audit de l’ensemble du bloc. Nous avons vérifié une par une les huit plaidoiries : trois affirmaient des faits sans source. Camp A, « prélèvements obligatoires parmi les plus élevés de l’OCDE » et « dépense publique parmi les plus hautes d’Europe » : remplacés par les valeurs publiées, 43,6 points de PIB pour les prélèvements, « le ratio le plus élevé de la zone euro », et 56,6 points pour la dépense [13]. Camp A, « les dégradations de note et l’écart de taux avec l’Allemagne » : remplacé par le taux moyen à l’émission des obligations du Trésor, nul en 2021, 1,70 % en 2022, 3,35 % en 2025 [13]. Camp B, « les titres français restent recherchés, à des taux sans commune mesure avec une vraie crise » : retiré, et l’argument des actifs publics est désormais chiffré par les comptes de patrimoine de l’INSEE [14]. La huitième plaidoirie, « le vrai risque est social et politique », est un jugement politique et reste sans source, comme il se doit dans un bloc de plaidoiries.
- — Rubrique « Les deux camps », plaidoirie du second camp. Nous écrivions que « croissance et inflation ont fait plus pour désendetter la France d’après-guerre que n’importe quel plan d’économies ». Cette affirmation historique n’était adossée à aucune source : aucune série vérifiée par le site ne remonte avant 1978. Elle a été retirée. Le mécanisme du dénominateur, lui, est conservé et désormais sourcé à la Cour des comptes [13], qui range les investissements publics structurants et les réformes des retraites et de l’assurance chômage parmi les leviers de croissance potentielle. Deux sections ont par ailleurs été ajoutées pour répondre à la question posée par le titre, « faut-il rembourser » : le critère est le solde primaire, pas le remboursement du stock, et les leviers sont détaillés.
- — Rubrique « Vrai ou faux ? », seuil des 90 %. Nous écrivions que l’étude de Reinhart et Rogoff avait été « invalidée en 2013 par une erreur de calcul ». C’était une simplification fautive : le réexamen de Herndon, Ash et Pollin relève trois griefs (erreurs de codage, données disponibles écartées, pondération inhabituelle), et il porte sur le seuil de 90 %, pas sur l’étude entière. Le passage a été réécrit, chiffré et sourcé [8], en datant l’analyse de 1950-2009.
- — Même rubrique. La veille, nous dations l’analyse de 1950-2009 : la valeur avait été lue dans un résumé, pas dans l’étude, dont le champ est 1946-2009.
- — Même rubrique. Nous comparions la croissance recalculée au-delà de 90 % de dette (2,2 %) à celle de la tranche 60-90 % telle que publiée par Reinhart et Rogoff (2,8 %). Ce sont deux séries différentes, l’une corrigée et l’autre non : leur comparaison affichait un écart de 0,6 point au lieu de 1,0. Les valeurs comparables sont 2,2 % et 3,2 %.
- — Même rubrique. Nous présentions l’écart annoncé par Reinhart et Rogoff comme étant de « près de trois points », un calcul que nous avions fait nous-mêmes et qui ne figure pas dans l’étude citée. Il rendait la suite incohérente : un écart passant de trois points à un point ne peut pas être surestimé de 2,3 points. Les 2,3 points sont l’erreur sur la seule tranche au-delà de 90 %. Le calcul maison a été retiré.
- — Même rubrique. Nous citions le Japon (« plus de 200 % du PIB ») et la Grèce (« autour de 130 % ») sans aucune source. Ces deux chiffres ont été remplacés par les données Eurostat déjà utilisées dans le dossier : Grèce 149,7 % et Italie 137,8 %.
- — Chapeau du dossier, rubrique « Le graphique », plaidoirie du camp A et résumé affiché en page d’accueil. Nous présentions les 74 milliards d’euros d’intérêts prévus en 2026 comme le « premier poste » ou le « premier budget de l’État », et nous les comparions à des budgets ministériels. C’est une confusion de périmètre : ces 74 milliards couvrent toutes les administrations publiques. La charge de la dette de l’État seul est de 58,0 milliards au projet de loi de finances pour 2026, contre 53,5 en 2025. Les deux chiffres sont désormais distingués et sourcés séparément [3] et [9].
- — Rubrique « À retenir ». La même confusion de périmètre y subsistait sous une autre formulation, que la correction publiée le matin même n’avait pas attrapée. Elle est ensuite revenue une troisième fois : nous écrivions que les 58,0 milliards de l’État étaient compris « dont » dans les 74 milliards de toutes les administrations. C’est inexact — les deux montants relèvent de deux comptabilités différentes et ne s’emboîtent pas. Les deux phrases ont été réécrites.
- — Rubriques « En chiffres », « Le graphique » et « Concrètement, pour vous ». Nous chiffrions les intérêts payés en 2025 à 67 milliards d’euros, soit près de 1 000 euros par habitant. Ce chiffre était attribué à l’Agence France Trésor sans lien, et la seule source primaire que nous ayons pu vérifier, le rapport général du Sénat sur le budget 2026, écrit « plus de 65 milliards ». Nous publions désormais ce que dit la source consultable, et le ramené par habitant passe à environ 950 euros. Les dossiers ISF et taxe Zucman, qui reprenaient ce chiffre en comparaison, ont été alignés.
- — Rubrique « Concrètement, pour vous ». Nous écrivions « les intérêts payés en 2025 » et « environ 950 € par habitant ». Deux imprécisions. La grandeur du Sénat est une charge d’intérêts en comptabilité nationale, c’est-à-dire rattachée à l’année où elle est due et non à l’année où elle est décaissée : « payés » relevait du vocabulaire de trésorerie, et le commentaire qui suivait présentait cette charge comme de l’argent déjà dépensé : il est reformulé en un coût qui pèse sur le solde public. Et le calcul par habitant donne 941 € pour plus de 65 Md€ rapportés aux 69,1 millions d’habitants au 1er janvier 2026, pas 950 €. Le passage dit désormais « la charge d’intérêts de 2025 » et « plus de 940 € ». Le résultat d’un plancher reste un plancher, et non une estimation centrale.
- — Rubrique « En chiffres », renvoi [3], et résumé du dossier affiché en page d’accueil et sur /dossiers. Notre correction du 2 août retirait du texte un chiffre attribué à l’Agence France Trésor sans lien vérifiable. Elle n’a atteint ni la tuile de chiffres, ni le renvoi [3], corrigé la veille, ni cette ligne de sources : tous trois ont continué d’afficher cette attribution, sous une notice expliquant qu’elle n’était pas confirmable. La source est désormais nommée pour ce qu’elle est, le rapport général du Sénat sur le projet de loi de finances pour 2026. Plus largement, aucun document de l’Agence France Trésor n’est cité ni lié sur ce site, et ne l’a jamais été : la seule donnée d’origine AFT que nous publions, la part de la dette détenue par les non-résidents, est lue dans un rapport du Sénat qui l’attribue. L’Agence France Trésor est en conséquence retirée des six endroits où nous l’affichions : le pied de page de toutes les pages, notre page méthode, notre image de partage, notre bannière LinkedIn, notre récit de marque et le résumé de ce dossier. Elle reste citée là où elle est exacte, dans le renvoi qui rapporte l’attribution faite par le Sénat.
- — Rubrique « Les deux camps », lignes « S’appuie sur ». Celle du camp A nommait les rapports annuels de la Cour des comptes, l’Agence France Trésor et des comparaisons Eurostat ; celle du camp B nommait, outre les travaux de Blanchard et Leigh, l’OFCE et des précédents historiques de désendettement. Ni la Cour des comptes, ni l’Agence France Trésor, ni l’OFCE ne sont cités par ce dossier ; les comparaisons Eurostat le sont ailleurs dans la page, mais ne fondent aucun des arguments de ce camp. Ces deux lignes étaient les seules du site à nommer autre chose que les sources citées par les arguments qu’elles accompagnent. Elles portent désormais les documents que chaque camp cite : le rapport du Sénat sur les engagements financiers de l’État et deux publications de l’INSEE pour le camp A, les travaux de Blanchard et Leigh sur les multiplicateurs pour le camp B. L’argument du camp A sur le niveau de la dette et du déficit avançait aussi deux chiffres sans renvoi : ils portent désormais les leurs, [1] et [2]. La Cour des comptes et l’OFCE restent nommées une ligne plus haut, là où le dossier dit qui défend chaque position.
Toutes les corrections du site sont réunies sur la page corrections.
Sources
- [1] INSEE, Informations rapides n°158, dette trimestrielle des administrations publiques, T1 2026 (3 536,1 Md€ ; 117,5 % du PIB ; répartition par sous-secteur).
- [2] INSEE, Comptes nationaux des administrations publiques, année 2025 (déficit 5,1 % du PIB ; dette 115,6 % fin 2025).
- [3] Sénat, rapport général sur le projet de loi de finances pour 2026 (charge de la dette de l’ensemble des administrations publiques, en comptabilité nationale : plus de 65 Md€ en 2025, 74 Md€ soit 2,4 % du PIB en 2026).
- [4] INSEE, Dette des administrations publiques au sens de Maastricht, séries annuelles 1978-2025.
- [5] Eurostat, communiqué du 22 janvier 2026, dette publique du T3 2025 par État membre.
- [6] Sénat, rapport sur la structure de détention de la dette de l’État (54,7 % de la dette négociable détenue par les non-résidents au T1 2025, données AFT / Banque de France).
- [7] INSEE, Bilan démographique 2025, Insee Première n° 2087 (population de la France estimée à 69,1 millions d’habitants au 1er janvier 2026 ; sert au calcul de la dette par habitant).
- [8] T. Herndon, M. Ash et R. Pollin, Does High Public Debt Consistently Stifle Economic Growth? A Critique of Reinhart and Rogoff, Political Economy Research Institute, working paper n° 322, 15 avril 2013. Chiffres publiés par Reinhart et Rogoff : −0,1 % au-delà de 90 % de dette, 2,8 % entre 60 et 90 %. Chiffres recalculés par les auteurs : +2,2 % et 3,2 %, soit un écart réel de 1,0 point entre les deux tranches les plus endettées ; les auteurs écrivent que Reinhart et Rogoff surestimaient cet écart de 2,3 points, « un facteur de près de deux et demi » (p. 10). 20 économies avancées, 1946-2009.
- [9] Sénat, rapport sur la mission « Engagements financiers de l’État », PLF 2026 (charge de la dette de l’État seul : 53,5 Md€ en LFI 2025, 58,0 Md€ au PLF 2026 en comptabilité budgétaire ; 60,4 Md€ en comptabilité générale).
- [10] O. J. Blanchard et D. Leigh, « Growth Forecast Errors and Fiscal Multipliers », NBER working paper n° 18779, février 2013 (résultat d’abord publié dans un encadré du World Economic Outlook du FMI, octobre 2012).
- [11] Groupe d’experts sur le SMIC, rapport 2025 (coût des allègements de cotisations sociales : près de 75 Md€ en 2024, environ 2,5 % du PIB ; point de sortie du dispositif fixé à 3 SMIC à la date du rapport).
- [12] SDES, Compte du logement 2024 (aides au logement : 43,1 Md€ en 2024, dont 31,5 Md€ soit 73,2 % à la charge de l’État, principal contributeur direct ; employeurs et collectivités 10,8 % chacun ; le solde réparti entre plusieurs autres financeurs).
- [13] Cour des comptes, La situation et les perspectives des finances publiques, synthèse du rapport annuel, 25 juin 2026 (déficit 2025 de 152,5 Md€ soit 5,1 points de PIB, contre 5,8 en 2024 ; déficit de 62,9 Md€ qui aurait stabilisé le ratio à son niveau de 2024, et effort supplémentaire de 89,6 Md€ soit 3,0 points de PIB ; solde primaire à l’équilibre pour stabiliser le ratio, excédent primaire pour l’infléchir ; dépense publique de 1 694,0 Md€ en hausse de 1,4 % en volume ; prélèvements obligatoires de 1 305,1 Md€ en hausse de 51,0 Md€, dont 23 Md€ de hausses d’impôts et 28 Md€ d’évolution spontanée ; leviers de croissance potentielle et consolidation choisie plutôt que subie). Le rapport complet précise l’agrégat, que la synthèse ne nomme pas : « la dépense publique hors crédit d’impôt s’est établie à 1 694,0 Md€ », et son tableau n° 2 s’intitule « dépense publique totale, hors crédits d’impôt » (1 652,8 Md€ en 2024, 1 694,0 Md€ en 2025 ; 56,3 et 56,6 points de PIB).
- [14] INSEE, Le patrimoine économique national en 2024, Insee Première n° 2081, 6 novembre 2025 (administrations publiques : actifs non financiers 2 821 Md€, dont 2 400 Md€ de constructions et terrains ; patrimoine financier net −2 132 Md€ ; patrimoine net 690 Md€). Comptabilité patrimoniale, en valeur de marché : ce périmètre n’est pas celui de la dette au sens de Maastricht, brute et en valeur nominale, et les deux grandeurs ne se soustraient pas.
- [15] INSEE, Comptes nationaux des administrations publiques, année 2025, Informations rapides n° 78 (dépense publique totale, crédits d’impôt compris : 1 714,1 Md€ en 2025 et 1 672,7 Md€ en 2024 ; « les dépenses augmentent et s’établissent à 57,2 %, après 57,0 % en 2024 et 56,8 % » en 2023 ; prélèvements obligatoires 43,6 % du PIB). Même source que [2], autre agrégat que [13].
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