Réforme des retraites : la suspension, et maintenant ?
La réforme des retraites de 2023 devait porter l’âge légal à 64 ans. Elle est suspendue depuis la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, sans être annulée. Pendant ce temps, le système reste déficitaire et l’emploi des seniors progresse plus vite qu’il ne l’a jamais fait. Voici les faits, puis les deux plaidoiries.
Par La rédaction du Contradictoire
Publié le 30 juillet 2026 · 12 min de lecture · Chiffres vérifiés le 30 juillet 2026 · Toutes les sources en bas de page
- À revérifier : entrée en application du barème d’âge issu du décret du 7 mai 2026, pour les pensions prenant effet à cette date (1 septembre 2026)

Photo : Andrea Piacquadio · Pexels
En trois points
- La réforme de 2023 est suspendue, pas annulée : les générations 1964 à 1968 gagnent quelques mois, mais l’âge de 64 ans s’appliquera à partir de la génération 1969.
- Le système perd 5,1 milliards d’euros en 2025, et ce qu’il perdra en 2070 dépend moins de l’âge de départ que de la productivité : de 1,7 à 3,1 points de PIB selon l’hypothèse retenue.
- L’emploi des 60-64 ans progresse vite (+8,2 points de pourcentage en trois ans), en partie grâce à la réforme, et un senior sur quatre, à 60 ans, n’est ni en emploi ni à la retraite. Le camp A retient la première donnée, le camp B la seconde : les deux lisent le même terrain.
Le mot à connaître, « NER » : les personnes « ni en emploi ni à la retraite », c’est-à-dire au chômage ou inactives sans avoir pris leur retraite. Le NER mesure la part d’une génération qui, à un âge donné, se trouve dans cette zone grise entre le travail et la pension. À 60 ans, environ un quart des personnes des générations 1962-1964 se trouvaient dans cette situation, contre près de 29 % pour celles nées en 1960 et 1961 [8].
C’est quoi, la réforme des retraites, et pourquoi est-elle suspendue ?
La réforme des retraites, c’est la loi du 14 avril 2023 qui relève progressivement l’âge légal de départ de 62 à 64 ans et allonge la durée de cotisation nécessaire pour une pension complète [1]. Elle s’applique aux pensions prenant effet à partir du 1er septembre 2023, pour les personnes nées après le 1er septembre 1961 [1][8]. Deux ans et demi plus tard, la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 en a suspendu le calendrier, par son article 105 [2][3].
Attention au mot. Suspendre n’est pas abroger : le calendrier est gelé, pas supprimé. Concrètement, l’âge de 64 ans ne concerne plus les personnes nées en 1968, mais seulement celles nées à partir de 1969 [2]. Le gel bénéficie aux générations nées entre 1964 et 1968 [2], qui gagnent quelques mois et rien au-delà. La cible finale de la réforme, elle, n’a pas bougé.
Quel âge de départ à la retraite après la suspension ?
Le barème dépend de votre année de naissance. Le décret du 7 mai 2026, qui prend effet pour les pensions à compter du 1er septembre 2026 [3], le fixe ainsi [4] :
- Né en 1963 et 1964 : départ possible à 62 ans et 9 mois, avec 170 trimestres pour une pension complète.
- Né en janvier à mars 1965 : départ possible à 62 ans et 9 mois, avec 170 trimestres pour une pension complète.
- Né en avril à décembre 1965 : départ possible à 63 ans, avec 171 trimestres pour une pension complète.
- Né en 1966 : départ possible à 63 ans et 3 mois, avec 172 trimestres pour une pension complète.
- Né en 1967 : départ possible à 63 ans et 6 mois, avec 172 trimestres pour une pension complète.
- Né en 1968 : départ possible à 63 ans et 9 mois, avec 172 trimestres pour une pension complète.
- Né en 1969 et après : départ possible à 64 ans, avec 172 trimestres pour une pension complète.
Un trimestre, ici, est une période de trois mois de cotisation validée : 172 trimestres correspondent à 43 années de carrière. Ces âges sont ceux du barème de droit commun, hors dispositifs particuliers (carrières longues, incapacité, invalidité), que le même décret ajuste de son côté [3]. Et le gel ne change rien pour les générations antérieures à 1964, dont le calendrier était déjà atteint [2].
Combien coûtent les retraites en France ?
Retenez la pente, pas le point de départ. Le déficit d’aujourd’hui, 0,2 point de PIB, est modeste ; celui que le COR projette pour 2070 dans son scénario de référence, 2,4 points, ne l’est pas [5]. Entre les deux, tout dépend d’une hypothèse : la croissance de la productivité du travail, c’est-à-dire de la richesse produite par heure travaillée. Si elle s’établit à 1,0 % par an, le déficit de 2070 tombe à 1,7 point de PIB ; si elle plafonne à 0,4 %, il monte à 3,1 [5]. La suspension de la réforme, elle, coûte environ 1,8 milliard d’euros par an, et seulement jusqu’en 2032 [5] : à cette échelle, elle ne change pas la trajectoire.
Le débat, plaidoirie contre plaidoirie
Deux plaidoiries, à égalité de place : « Un déficit qui dépend d’hypothèses, une facture bien réelle pour les plus usés » · « La démographie ne se négocie pas, et la réforme produit ses effets »
« La démographie ne se négocie pas, et la réforme produit ses effets »
- Le rapport entre cotisants et retraités se dégrade. On comptait 2,1 cotisants par retraité en 2002, 1,8 en 2025, et le COR en projette 1,3 en 2070 [6].
Le détail des chiffres
Sur la même période, le nombre de retraités de droit direct, ceux qui touchent une pension au titre de leur propre carrière, passerait de 17,4 à 22,1 millions, celui des cotisants de 30,6 à 28,9 millions [6]. À règles inchangées, le financement repose sur toujours moins d’actifs.
- Le déficit projeté n’est pas un détail. Le système est déficitaire de 5,1 milliards d’euros en 2025, et le scénario de référence du COR mène à 2,4 points de PIB en 2070 [5].
Le détail des chiffres
Ce sont des sommes qui viennent s’ajouter au reste des comptes publics (voir notre dossier sur la dette publique).
- Reculer l’âge fait bien travailler plus longtemps. Le taux d’emploi des 60-64 ans a gagné 8,2 points en trois ans, contre 2,5 points pour les 55-59 ans, et la Dares écrit que cela « s’explique en partie par la mise en place de la réforme des retraites de 2023 » [8].
Le détail des chiffres
Les générations 1962 à 1964, les premières pleinement concernées, sont à âge égal plus souvent en emploi que celles de 1959 à 1961 [8].
- La France partait de très bas. Le taux d’emploi des 60-64 ans y est de 44,4 %, contre 55,0 % en moyenne dans l’Union européenne [8].
Le détail des chiffres
Un écart de 10,6 points, qui place la France au 17e rang sur 27 pour l’emploi des 55-64 ans [8]. Le rattrapage a commencé, sans qu’on sache combien d’années il faudrait pour effacer cet écart.
« Un déficit qui dépend d’hypothèses, une facture bien réelle pour les plus usés »
- Le trou de 2070 dépend surtout d’un pari sur la productivité. Le même COR projette un déficit de 1,7 point de PIB si la productivité progresse de 1,0 % par an, et de 3,1 points si elle plafonne à 0,4 % [5].
Le détail des chiffres
Régler le système par l’âge de départ revient à faire porter à une génération le coût d’une hypothèse macroéconomique que personne ne sait tenir sur quarante-cinq ans.
- Travailler plus longtemps, oui ; être en emploi, pas toujours. Chez les générations pleinement concernées par la réforme, la part des seniors ni en emploi ni à la retraite recule beaucoup plus tard.
Le détail des chiffres
À 62 ans, elle baisse de 5 points pour la génération 1962, contre environ 10 points pour les générations qui n’étaient pas concernées ; pour la génération 1963, elle reste stable autour de 24 % entre 61 et 62 ans [8]. Le report de l’âge déplace une partie du problème vers le chômage et l’inactivité.
- Le recul de l’âge légal frappe inégalement. Entre 60 et 64 ans, 61,0 % des diplômés au-delà de bac+2 sont en emploi, contre 33,0 % des titulaires d’un CAP ou BEP [8].
Le détail des chiffres
Chez les non-diplômés du même âge, 25,7 % sont inactifs sans être retraités, contre 14,3 % des CAP-BEP [8]. Deux années de plus ne coûtent pas la même chose selon le métier qu’on a exercé.
- Les retraités ne sont plus le groupe protégé qu’on décrit. Leur niveau de vie médian est revenu en 2022 au niveau de l’ensemble de la population, après lui avoir été supérieur pendant plus de quinze ans [7].
Le détail des chiffres
La pension moyenne de droit direct (hors pensions de réversion) s’établit à 1 541 euros nets par mois, et celle des femmes reste inférieure de 38 % à celle des hommes [7].
Camp A : 304 mots, 3 sources · Camp B : 332 mots, 3 sources
Trois idées reçues, au banc d’essai
« La réforme des retraites a été annulée. »
FauxElle est suspendue, ce qui n’est pas la même chose. L’article 105 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 gèle le calendrier pour les générations 1964 à 1968 [2][3], mais l’âge de 64 ans reste programmé pour celles nées à partir de 1969 [2]. Le COR chiffre d’ailleurs l’effet de la suspension à environ 1,8 milliard d’euros par an « jusqu’en 2032 », en précisant qu’au-delà elle « n’aurait plus aucun effet » [5].
« Les retraités sont des privilégiés. »
NuanceCe fut longtemps défendable, ça l’est moins aujourd’hui. Le niveau de vie médian des retraités est repassé en 2022 au niveau de celui de l’ensemble de la population, après plus de quinze ans au-dessus [7]. Leur taux de pauvreté reste plus bas (10,0 % contre 14,4 % pour l’ensemble de la population, en 2022) [7]. Le groupe reste donc moins exposé à la pauvreté que la moyenne, sans être au-dessus d’elle en niveau de vie.
« Reculer l’âge légal ne fait que déplacer les gens vers le chômage. »
NuanceLes deux effets coexistent, et la Dares les mesure séparément. À 60 ans, la part de seniors ni en emploi ni à la retraite est plus faible pour les générations concernées par la réforme (environ 25 % pour celles nées entre 1962 et 1964, contre près de 29 % pour celles de 1960 et 1961) [8] : le report ne se traduit donc pas mécaniquement par de l’inactivité. Mais à 62 ans, la sortie de cette zone grise devient nettement plus lente pour ces mêmes générations [8]. Le report crée de l’emploi et allonge l’attente, selon l’âge observé.
Les seniors travaillent-ils moins en France qu’ailleurs ?
En 2025, 61,7 % des 55-64 ans ont un emploi en France, contre 66,4 % en moyenne dans l’Union européenne : un retard de 4,7 points, que la Dares décrit comme « quasi stable sur un an », et qui place le pays au 17e rang des Vingt-Sept [8]. Le taux français est pourtant au plus haut depuis que l’Insee le mesure, c’est-à-dire 1975 [8].
Le retard vient d’une tranche d’âge précise. Les 55-59 ans français font mieux que la moyenne européenne, de 1,5 point ; les 60-64 ans font moins bien, de 10,6 points [8]. La France ne travaille donc pas moins avant 60 ans ; elle s’arrête plus tôt après. C’est exactement la zone que la réforme de 2023 visait, et celle où la suspension produit ses effets.
Si vous êtes né entre 1964 et 1968, la suspension vous fait gagner quelques mois sur le calendrier initial [2] : l’âge de départ va de 62 ans et 9 mois pour la génération 1964 à 63 ans et 9 mois pour celle de 1968 [4]. Si vous êtes né en 1969 ou après, rien ne change : ce sera 64 ans et 172 trimestres [4]. Et si vous êtes né avant 1964, la suspension ne vous concerne pas [2].
Pour tout le monde, le coût collectif de cette suspension est d’environ 1,8 milliard d’euros par an jusqu’en 2032 [5], soit à peu près 26 € par habitant et par an, pour 69,1 millions d’habitants [9]. Ce coût représente environ 40 % des 4,5 milliards annuels qu’a coûtés le remplacement de l’ISF par l’IFI [10] (voir notre dossier sur l’ISF), et se compare aussi aux 2 à 25 milliards que les estimations prêtent à la taxe Zucman, selon les hypothèses retenues [11][12] (voir notre dossier sur la taxe Zucman). Un ordre de grandeur utile pour lire les deux plaidoiries : la suspension pèse peu au regard de la trajectoire, ce qui est précisément l’argument des deux camps, pour des raisons opposées.
Ce que les évaluations tranchent, et ce qu’elles laissent ouvert
Établi : le barème légal, génération par génération, est fixé par décret [3][4]. Le système de retraite est déficitaire de 5,1 milliards d’euros en 2025, hors charges et produits financiers, soit 0,2 % du PIB, pour 422 milliards de dépenses [5]. Le rapport entre cotisants et retraités s’est dégradé de 2,1 à 1,8 depuis 2002 [6]. Le taux d’emploi des 60-64 ans a progressé de 8,2 points en trois ans [8]. Et la suspension coûte environ 1,8 milliard d’euros par an, sur la seule période 2026-2032 [5].
Disputé : l’ampleur du déficit futur, d’abord, qui varie du simple au double selon l’hypothèse de productivité retenue [5]. La part de la hausse de l’emploi des seniors réellement imputable à la réforme, ensuite. La Dares écrit « en partie », sans quantifier ce qui revient à la réforme et ce qui revient à la tendance de fond, à l’œuvre depuis 2000 [8]. Et surtout, ce qu’il faut faire des personnes qui sortent de l’emploi avant l’âge légal : sur ce point, les données décrivent le problème et laissent le choix du remède au Parlement.
En trois points
- La réforme de 2023 est suspendue, pas annulée : les générations 1964 à 1968 gagnent quelques mois, mais l’âge de 64 ans s’appliquera à partir de la génération 1969.
- Le système perd 5,1 milliards d’euros en 2025, et ce qu’il perdra en 2070 dépend moins de l’âge de départ que de la productivité : de 1,7 à 3,1 points de PIB selon l’hypothèse retenue.
- L’emploi des 60-64 ans progresse vite (+8,2 points de pourcentage en trois ans), en partie grâce à la réforme, et un senior sur quatre, à 60 ans, n’est ni en emploi ni à la retraite. Le camp A retient la première donnée, le camp B la seconde : les deux lisent le même terrain.
Corrections
- — Rubriques « À retenir » et « Établi / Disputé ». Le résumé annonçait un gain « de quelques mois à un an » pour les générations 1964 à 1968, là où le corps du dossier et le barème publié donnent quelques mois. Et la part des personnes ni en emploi ni à la retraite était présentée comme un pic observé en 2025, alors que la source compare des générations à 60 ans. Les deux passages ont été alignés sur la source.
- — Rubriques « Concrètement, pour vous » et « Établi / Disputé ». Nous donnions le rendement de la taxe Zucman, cité ici en repère, dans une fourchette de 2 à 20 milliards d’euros. La borne haute était le chiffre annoncé par l’auteur, et non le haut de la marge d’incertitude qui l’accompagne : elle est portée à 25 milliards, et la fourchette est désormais la même que dans notre dossier consacré à cette taxe, dont elle divergeait. Les deux bornes sont sourcées séparément [11][12], de même que le coût du remplacement de l’ISF par l’IFI [10], jusqu’ici publié sans renvoi. Enfin, nous publiions le déficit du système de retraite sans son périmètre : il s’entend hors charges et produits financiers.
Toutes les corrections du site sont réunies sur la page corrections.
Sources
- [1] Légifrance, loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 de financement rectificative de la sécurité sociale pour 2023 (réforme des retraites, article 10 ; application aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2023).
- [2] Service-public.gouv.fr, « Suspension de la réforme des retraites : qui est concerné ? », 27 février 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026 ; l’âge de 64 ans ne s’applique plus qu’aux générations nées à partir de 1969).
- [3] Légifrance, décret n° 2026-345 du 7 mai 2026 portant application de l’article 105 de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 (application aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026 ; carrières longues, incapacité, Mayotte).
- [4] Info-retraite.fr, « Réforme des retraites : âge légal de départ » (barème de l’âge légal et de la durée d’assurance par génération après la suspension).
- [5] Conseil d’orientation des retraites, « Évolutions et perspectives des retraites en France », synthèse du rapport annuel de juin 2026 (422 Md€ et 14,1 % du PIB en 2025, déficit de 5,1 Md€, projections 2030-2070, sensibilité à la productivité, coût de la suspension de 1,8 Md€ par an jusqu’en 2032).
- [6] Conseil d’orientation des retraites, rapport annuel de juin 2026, version complète (ratio cotisants/retraités de 2,1 en 2002 à 1,8 en 2025 puis 1,3 en 2070, effectifs de retraités et de cotisants, partie 2 chapitres 2 et 3).
- [7] DREES, « Les retraités et les retraites », édition 2025 (17,2 millions de retraités de droit direct fin 2023, pension moyenne de 1 666 € bruts soit 1 541 € nets, écart de 38 % entre femmes et hommes, niveau de vie et taux de pauvreté en 2022).
- [8] DARES, « Les seniors sur le marché du travail en 2025 », Dares Résultats n° 34, 29 juillet 2026 (taux d’emploi de 61,7 % pour les 55-64 ans et 44,4 % pour les 60-64 ans, hausse de 8,2 points en trois ans, comparaison européenne, part des seniors ni en emploi ni à la retraite par génération, écarts selon le diplôme).
- [9] INSEE, Bilan démographique 2025, Insee Première n° 2087 (population de la France estimée à 69,1 millions d’habitants au 1er janvier 2026 ; sert au calcul du coût par habitant).
- [10] France Stratégie, comité d’évaluation des réformes de la fiscalité du capital, rapport final, octobre 2023 (coût du remplacement de l’ISF par l’IFI : perte d’environ 4,5 Md€ estimée pour 2022).
- [11] Assemblée nationale, rapport n° 930 de la commission des finances (estimation de rendement de la taxe Zucman par son auteur : environ 20 Md€ à ±5 Md€).
- [12] Sénat, rapport n° 689 (2024-2025) de la commission des finances (rendement de la taxe Zucman estimé à 2-3 Md€, nets de l’impôt sur les sociétés déjà payé).
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