Gens du voyage : ce que dit la loi, ce que disent les chiffres

Les gens du voyage forment une catégorie administrative française, et non un peuple. L’État impose depuis 2000 aux communes de créer des aires d’accueil. 81 % des places d’aires permanentes (les aires aménagées où les familles séjournent avec leur caravane) prescrites existent, mais 21 départements seulement sont en règle sur ce point. Le taux tombe à 18 % pour les terrains familiaux locatifs (des terrains loués aux familles qui s’installent durablement). En face, 569 installations illégales ont été recensées en 2024. Le Sénat a voté un texte le 10 février 2026. Voici ce qui est établi, et ce qui reste disputé.

Par La rédaction du Contradictoire

En trois points

  1. « Gens du voyage » est une catégorie administrative française fondée sur l’habitat mobile, pas une origine [10]. Le régime des carnets de circulation a été abrogé en 2017 [8], et personne ne sait combien de personnes sont concernées [9].
  2. Ils paient : droit d’usage, dépôt de garantie, eau et électricité au compteur [9]. Et ces recettes couvrent une petite part des coûts [9]. Les deux faits sont vrais ensemble, et un impôt spécifique de 150 € qui finançait les aires a existé de 2010 à 2019 [5].
  3. L’obligation d’accueil et la sanction sont juridiquement liées [6][7]. C’est ce nœud que le Parlement est en train de rouvrir, et qui n’est pas encore tranché [3].

Le mot à connaître, « schéma départemental » : le document, arrêté par le préfet et le président du conseil départemental, qui fixe le nombre, la localisation et la capacité des aires à créer. Les communes de plus de 5 000 habitants y figurent obligatoirement [1][7]. C’est lui qui décide qui doit quoi.

1La question bête

Gens du voyage, Gitans, Roms : quelle différence ?

Ce n’est pas la même chose, et la confusion est au centre de presque tous les malentendus sur le sujet. L’expression « gens du voyage » désigne, selon les mots de la Commission nationale consultative des droits de l’homme, une « catégorie administrative française liée à un mode d’habitat mobile, qui recouvre des populations hétérogènes » [10]. C’est un statut de logement, pas une origine. Le mot « Roms » renvoie lui à des groupes de langue romani, dont une partie est constituée de migrants européens récents, et dont « une grande majorité » est, écrit le même rapport, « de nationalité française » [10].

Une conséquence directe : les gens du voyage sont, écrit la Cour des comptes, « dans leur très grande majorité, de nationalité française » [9]. Le régime particulier qui les distinguait, celui des carnets de circulation et de la commune de rattachement institué par la loi du 3 janvier 1969, a été entièrement abrogé par la loi Égalité et citoyenneté du 27 janvier 2017 [8].

Combien sont-ils en France ?

Personne ne le sait, et c’est vérifiable. La France n’établit pas de statistique ethnique : la Cour des comptes constate que cette catégorie « ne fait pas l’objet d’un recensement spécifique » par l’INSEE, qui compte des résidents d’« habitations mobiles terrestres », au même titre que les forains ou les habitants de bateaux à quai [9]. Et ce recensement « n’est exhaustif que dans les villes de plus de 10 000 habitants », ce qui exclut les communes de 5 000 à 10 000 habitants, « alors même que ces communes ont l’obligation de réaliser des aires d’accueil » [9].

Le document du Sénat qui accompagne la proposition de loi de 2026 ouvre sur une population « évaluée entre 300 000 et 500 000 personnes » [2]. Il ne cite aucune source pour cette fourchette, qui va du simple à près du double. Nous ne la reprenons pas comme un effectif : nous la signalons comme ce qu’elle est, un ordre de grandeur non sourcé dans le texte même qui fonde une réforme.

2En chiffres

Combien d’aires, et combien d’installations illégales ?

81 %
des places d’aires permanentes prescrites sont réalisées
DIHAL, bilan au 31/12/2025 [1]
21
départements sur 96 respectent leurs obligations en aires permanentes
DIHAL [1]
569
installations illégales recensées en 2024
Sénat, février 2026 [2]
1 326
grands passages en 2024, dans 78 départements
Ministère de l’intérieur, via Sénat [2]

Ces deux séries décrivent les deux versants du même sujet. Côté offre : 1 088 aires permanentes et 26 579 places existent, sur 1 328 aires et 32 726 places prescrites par les schémas départementaux [1]. Côté application : sur les 569 installations illégales de 2024, 219 mises en demeure préfectorales ont été adressées, soit 38 % des stationnements illicites, et l’ensemble a donné lieu à 149 condamnations pour occupation en réunion sans titre et 59 amendes forfaitaires délictuelles [2].

Ce faible taux d’exécution n’est pas nouveau. En 2008 et 2009, l’évacuation forcée « n’a concerné que 47 situations sur 864 des mises en demeure, soit 5,5 % du total », relevait déjà la Cour des comptes [9].

3Le graphique
Ce que les schémas départementaux prescrivent, et ce qui existe
Taux de réalisation des places prescrites, par nature d’équipement, au 31 décembre 2025.
0 %25 %50 %75 %100 %Aires permanentes d’accueil81 %Aires de grand passage67 %Terrains familiaux locatifs18 %
Source : DIHAL, bilan de la mise en œuvre des schémas départementaux au 31 décembre 2025 [1]. Données déclaratives. Un seul millésime : les prescriptions étant révisées à la hausse comme à la baisse, les taux ne se comparent pas d’une année sur l’autre.

L’écart entre les trois barres est l’information principale. Les aires de passage, celles qui servent à l’itinérance, sont largement réalisées. Les terrains familiaux locatifs, destinés aux familles qui s’installent durablement, ne le sont qu’à 18 % : 365 terrains pour 1 970 places, sur 2 712 et 10 608 places prévues [1]. Or le Sénat décrit lui-même un contexte de « sédentarisation de plus en plus marquée » [2]. L’offre la moins réalisée est celle qui correspond à l’évolution constatée.

4Les deux camps↑ Sommaire

Contraindre les communes, ou durcir les sanctions ?

Le clivage a été tranché par un vote. Le 10 février 2026, le Sénat a adopté la proposition de loi sur les installations illicites par 235 voix contre 101 [3].

Deux plaidoiries, à égalité de place : Les communes payent, et ne parviennent pas à faire évacuer · L’illégalité est d’abord produite par l’absence de places

Ceux qui pointent l’obligation non tenue

L’illégalité est d’abord produite par l’absence de places

  • La loi impose depuis 2000 aux communes figurant au schéma de participer à sa mise en œuvre dans un délai de deux ans, prorogeable (prolongeable) de deux ans [7].
    Le détail des chiffres

    Vingt-cinq ans plus tard, 21 départements seulement sont en règle pour les aires permanentes, et 32 des 96 territoires ont dépassé le délai légal de six ans pour réviser leur schéma [1].

  • La Commission européenne contre le racisme et l’intolérance, organe du Conseil de l’Europe, écrit que le non-respect par plusieurs collectivités de leurs obligations « conduit à un déficit d’aires d’accueil et entraîne de nombreux gens du voyage à être en infraction » [10].
  • Le législateur a lui-même admis cette réciprocité : sur un terrain communal, le délit d’installation illicite ne s’applique que si la commune s’est conformée à ses obligations, ou n’est pas inscrite au schéma [6].
  • L’équipement le moins réalisé, à 18 %, est celui qui correspond à la sédentarisation que tout le monde constate [1][2].
Sources : [1][2][6][7][10]
Ceux qui pointent la charge et l’impuissance

Les communes payent, et ne parviennent pas à faire évacuer

  • La loi promettait que l’État financerait 70 % des investissements ; la loi de finances pour 2007 a ramené cette part à 50 % [9].
    Le détail des chiffres

    Surtout, le plafond subventionnable est de 15 245 € par place quand le coût réel moyen constaté sur 2008-2011 atteignait 34 393 €, soit un dépassement de 126 % à la charge des collectivités [9].

  • Les redevances payées par les occupants « ne couvrent qu’une part modeste des dépenses de fonctionnement » : 8,9 % des produits des aires gérées par ADOMA en 2009, et « rarement plus du tiers » du coût de gestion [9].
  • La procédure d’évacuation aboutit peu : 219 mises en demeure pour 569 installations illégales en 2024, et 149 condamnations [2]. Le recours devant le tribunal administratif suspend l’exécution de la décision préfectorale [7].
  • Les élus invoquent aussi la difficulté à mobiliser du foncier aux normes, « problématique accentuée par la contrainte du zéro artificialisation nette » [2].
Sources : [2][7][9]

Camp A : 168 mots, 5 sources · Camp B : 159 mots, 3 sources

5Vrai ou faux ?↑ Sommaire

Les gens du voyage paient-ils des impôts ?

Il a existé un impôt spécifique, et c’est l’État qui l’a supprimé. L’article 1013 du code général des impôts, créé fin 2010, instituait une taxe annuelle sur les résidences mobiles terrestres occupées à titre d’habitation principale, due par le propriétaire : « 150 € par résidence mobile terrestre », réduite à 100 € au-delà de dix ans d’ancienneté, avec exonération au-delà de quinze ans et pour les titulaires de l’allocation de solidarité aux personnes âgées ou de l’allocation aux adultes handicapés sous condition de ressources [5]. Cette taxe a été abrogée au 1er octobre 2019 par la loi de finances pour 2019 [5].

Un détail de cet article mérite d’être lu en entier, car il est rarement cité : son dernier paragraphe prévoyait que « le produit annuel de la taxe est réparti entre les collectivités territoriales et établissements publics de coopération intercommunale au prorata de leurs dépenses engagées en application de la loi du 5 juillet 2000 » [5]. Autrement dit, cette taxe finançait les aires d’accueil. Pour le reste, aucun régime dérogatoire ne les distingue : les familles propriétaires de leur terrain acquittent la fiscalité foncière de droit commun.

Est-ce qu’ils paient l’eau et l’électricité ?

Sur les aires d’accueil, oui, et au compteur. La Cour des comptes décrit un « paiement individualisé des fluides (eau et électricité) en fonction de la consommation réelle », recommandé par circulaire et « retenu par la grande majorité des aires » [9]. Une partie fonctionne même en prépaiement par télégestion, « les consommations étant payées à l’avance et les fluides étant coupés en l’absence de paiement » : 40 % des aires en 2006, 56 % des collectivités répondantes en 2011 [9]. S’y ajoutent un droit d’usage, compris entre 1 et 2 € par jour et par emplacement dans 44 % des aires, et un dépôt de garantie de 40 à 100 € dans 67 % d’entre elles [9].

La Cour ajoute une recommandation qui retourne le soupçon : il « serait nécessaire de s’assurer que les tarifs de consommation des fluides pour les gens du voyage ne sont pas supérieurs à ceux facturés aux autres habitants du même périmètre géographique », notant que dans les Côtes-d’Armor « aucune collectivité n’est à ce jour en mesure d’expliquer le mode de calcul du tarif qu’elle pratique » [9]. Ces constats portent sur les aires aménagées ; ils ne disent rien des raccordements lors des occupations illicites, sur lesquels aucune donnée publique n’a été trouvée.

Est-ce qu’ils touchent des aides au logement ?

Non, et cela surprend souvent dans l’autre sens. La Caisse d’allocations familiales du Finistère l’écrit noir sur blanc : « les gens du voyage ne percevant pas d’aide au logement, la Caf soutient l’accès et le maintien dans le logement par l’attribution de prêts » pour acheter ou remettre en état une caravane [11]. Ce prêt, plafonné dans cette caisse à 4 000 € sans intérêts, est versé directement à un vendeur professionnel et « remboursable par récupération sur les prestations familiales » [11]. Il relève de l’action sociale de chaque caisse : ses conditions varient d’un département à l’autre. Sur les aides au logement en général, voir notre dossier sur l’encadrement des loyers.

En revanche, nous n’affirmons rien sur le RSA ni sur les prestations familiales : aucune règle dérogatoire n’a été trouvée, mais nous n’avons pas vérifié ce point à une source primaire, et l’absence de recherche ne vaut pas preuve d’absence.

Une installation illicite est-elle un délit ?

Oui, et la réponse exacte compte. L’article 322-4-1 du code pénal punit d’un an d’emprisonnement et de 7 500 € d’amende le fait de s’installer en réunion, sans autorisation, sur le terrain d’autrui, avec une amende forfaitaire de 500 € [6]. Sur un terrain privé, ou appartenant à tout propriétaire autre qu’une commune, le délit est constitué en toutes circonstances. Sur un terrain communal, il ne l’est que si la commune s’est conformée à ses obligations ou n’est pas inscrite au schéma départemental [6]. Le raccourci « pas d’aire, pas d’infraction » est donc faux : il ne vaut jamais pour les terrains privés.

L’évacuation, elle, suppose une mise en demeure du préfet, qui « ne peut intervenir que si le stationnement est de nature à porter atteinte à la salubrité, la sécurité ou la tranquillité publiques », assortie d’un délai d’exécution d’au moins vingt-quatre heures [7]. Le recours devant le tribunal administratif suspend l’exécution, le juge statuant sous quarante-huit heures [7].

6Et chez les voisins ?↑ Sommaire

Le rejet est-il une spécificité française ?

Non, mais il se mesure. L’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne a publié en octobre 2025 une enquête menée en 2024 dans treize États membres, dont la France : un tiers des personnes roms ou gens du voyage interrogées, 31 %, déclarent avoir subi une discrimination fondée sur leur origine ethnique au cours des douze mois précédents, contre 26 % en 2016 [10]. Ce chiffre est européen, pas français.

En France, la mesure existe aussi, et elle est sans équivalent. Dans le baromètre du racisme réalisé pour la Commission nationale consultative des droits de l’homme en novembre et décembre 2025, 66 % des personnes interrogées estiment que les gens du voyage « constituent un groupe à part dans la société », et 63 % le pensent des Roms. Viennent ensuite, dans la même question, 33 % pour « les Chinois », 31 % pour « les Asiatiques », 29 % pour « les Musulmans », 26 % pour « les Juifs », 25 % pour « les Maghrébins », 13 % pour « les Noirs » et 9 % pour « les Antillais » [10]. Hormis les Roms, aucun groupe testé ne dépasse 33 %, soit la moitié du niveau mesuré pour les gens du voyage.

7Concrètement, pour vous↑ Sommaire

Que prévoit le texte voté au Sénat ?

La proposition de loi adoptée le 10 février 2026 a été transmise à l’Assemblée nationale, et le Sénat indiquait la procédure « en cours » à la date de vérification de cette page [3] : rien de ce qui suit n’est en vigueur, et le texte peut encore être modifié. Elle est issue d’un groupe de travail bicaméral constitué en mars 2025 par le ministre de l’intérieur d’alors, Bruno Retailleau [3][4].

Le texte déposé prévoit d’allonger de deux à cinq ans le délai laissé aux collectivités, en supprimant la prorogation existante ; de prendre en compte les aires permanentes dans le quota de logements sociaux imposé aux communes ; d’abaisser de 150 à 100 le seuil de déclaration préalable des grands passages ; de rendre l’évacuation forcée obligatoire pour le préfet lorsque les conditions sont réunies ; et de porter l’amende forfaitaire de 500 à 1 000 € [4]. Son article 7 créait une taxe au profit des communes, finançant les aires « ainsi qu’aux réparations et remises en état des terrains en cas d’occupation irrégulière » [4], soit un mécanisme très proche de celui supprimé en 2019.

La commission des lois du Sénat a modifié ce point : plutôt qu’une taxe nouvelle, elle a réformé le droit d’usage existant pour en faire « une véritable redevance d’occupation du domaine public ayant les moyens de sa collecte et de son recouvrement » [3]. Elle a aussi créé des « aires de petit passage », fixé à vingt-quatre heures le délai de jugement du juge administratif, et posé le principe d’une réparation par l’État des dommages causés aux collectivités lorsque le préfet s’abstient d’évacuer [3].

8Établi / Disputé↑ Sommaire

Ce qui est documenté, et ce qui ne l’est pas

Établi : les taux de réalisation des schémas, avec l’écart entre 81 % des places d’aires permanentes et 21 départements réellement en règle [1]. Les volumes de 2024 [2]. Le fait que les occupants d’aires paient un droit d’usage et leurs fluides au compteur, et que ces recettes ne couvrent qu’une petite part des coûts [9]. L’écart entre le plafond subventionnable et le coût réel d’une place [9]. L’existence puis la suppression de la taxe caravane [5]. La condition de réciprocité inscrite dans le code pénal [6].

Disputé : le sens de la causalité. Le déficit d’aires produit-il l’illégalité, ou l’illégalité décourage-t-elle les communes de construire ? Et par conséquent : faut-il contraindre davantage les collectivités, ou durcir les sanctions ? Le vote du 10 février, 235 contre 101, tranche politiquement, pas factuellement [3].

Non documenté : deux trous, et ils sont importants. Le coût des dégradations et des évacuations n’est chiffré nulle part, ni par la Cour des comptes, ni par le Sénat, qui déplore pourtant « l’insuffisante mise en œuvre des sanctions pour dégradation des aires » sans jamais les évaluer [2][9]. Et l’effectif de la population concernée n’existe pas [2][9]. Les chiffres de coûts d’équipement cités ici datent par ailleurs de 2008-2011 : aucune actualisation publique n’a été trouvée.

9À retenir↑ Sommaire

En trois points

  1. « Gens du voyage » est une catégorie administrative française fondée sur l’habitat mobile, pas une origine [10]. Le régime des carnets de circulation a été abrogé en 2017 [8], et personne ne sait combien de personnes sont concernées [9].
  2. Ils paient : droit d’usage, dépôt de garantie, eau et électricité au compteur [9]. Et ces recettes couvrent une petite part des coûts [9]. Les deux faits sont vrais ensemble, et un impôt spécifique de 150 € qui finançait les aires a existé de 2010 à 2019 [5].
  3. L’obligation d’accueil et la sanction sont juridiquement liées [6][7]. C’est ce nœud que le Parlement est en train de rouvrir, et qui n’est pas encore tranché [3].
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Sources

  1. [1] DIHAL, Mise en œuvre des schémas départementaux d’accueil et d’habitat des gens du voyage, bilan au 31 décembre 2025, mai 2026 (81 % pour les aires permanentes, 1 088 aires et 26 579 places sur 1 328 et 32 726 prescrites, 21 départements en règle ; 67 % pour les aires de grand passage ; 18 % et 365 terrains pour 1 970 places sur 2 712 et 10 608 pour les terrains familiaux ; 96 schémas, 32 territoires au-delà du délai de six ans ; données déclaratives).
  2. [2] Sénat, L’essentiel sur la proposition de loi relative à la lutte contre les installations illicites des gens du voyage, commission des lois, février 2026 (1 326 grands passages en 2024 dans 78 départements selon le ministère de l’intérieur ; 569 installations illégales ; 219 mises en demeure, soit 38 % des stationnements illicites ; 149 condamnations et 59 amendes forfaitaires délictuelles ; fourchette de population donnée sans source ; sédentarisation et zéro artificialisation nette).
  3. [3] Sénat, La loi en clair, proposition de loi relative à la lutte contre les installations illicites des gens du voyage (adoption le 10 février 2026 par 235 voix contre 101, transmission à l’Assemblée nationale ; apports de la commission des lois : redevance d’occupation du domaine public, aires de petit passage, délai de vingt-quatre heures, réparation par l’État).
  4. [4] Sénat, exposé des motifs de la proposition de loi n° 212 (2025-2026) (délai porté de deux à cinq ans, quota de logements sociaux, seuil abaissé à 100, évacuation obligatoire, taxe de l’article 7, amende forfaitaire portée à 1 000 €).
  5. [5] Légifrance, article 1013 du code général des impôts, version en vigueur du 12 juin 2011 au 1er octobre 2019 (taxe de 150 €, tarif réduit de 100 €, exonérations, et au X : produit réparti entre collectivités au prorata de leurs dépenses engagées en application de la loi du 5 juillet 2000). Abrogée par la loi n° 2018-1317 du 28 décembre 2018 de finances pour 2019, article 26.
  6. [6] Légifrance, article 322-4-1 du code pénal, en vigueur depuis le 9 novembre 2018 (un an d’emprisonnement et 7 500 € d’amende ; amende forfaitaire de 500 €, minorée 400 €, majorée 1 000 € ; condition tenant au respect par la commune de ses obligations, pour les seuls terrains communaux).
  7. [7] Légifrance, loi n° 2000-614 du 5 juillet 2000 relative à l’accueil et à l’habitat des gens du voyage (article 2 : délai de deux ans, prorogeable de deux ans ; article 9 : conditions de l’arrêté d’interdiction, mise en demeure d’au moins vingt-quatre heures, recours suspensif et jugement sous quarante-huit heures ; article 9-2 : notification trois mois avant pour les groupes de plus de 150 résidences mobiles).
  8. [8] Légifrance, loi n° 2017-86 du 27 janvier 2017 relative à l’égalité et à la citoyenneté, section 6, articles 193 à 195 (abrogation de la loi n° 69-3 du 3 janvier 1969 et de son titre II sur les communes de rattachement ; mesures transitoires de domiciliation).
  9. [9] Cour des comptes, L’accueil et l’accompagnement des gens du voyage, rapport public thématique, octobre 2012 (absence de recensement spécifique et seuil des 10 000 habitants ; participation de l’État ramenée de 70 à 50 % ; plafond de 15 245 € et coût moyen de 34 393 € par place sur 2008-2011 ; paiement individualisé des fluides et télégestion ; droit d’usage et dépôt de garantie ; redevances à 8,9 % des produits ADOMA ; 47 évacuations forcées sur 864 mises en demeure en 2008-2009). Données de 2008-2011.
  10. [10] CNCDH, La lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie, rapport 2025, publié en juin 2026 (baromètre Ipsos en face-à-face, novembre-décembre 2025 : 66 % pour les gens du voyage, 33 % pour les Chinois, 29 % pour les Musulmans, 26 % pour les Juifs, 25 % pour les Maghrébins, 13 % pour les Noirs ; définition de la catégorie administrative ; conclusions de l’ECRI du Conseil de l’Europe ; enquête de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne d’octobre 2025, menée en 2024 dans treize États membres : 31 % contre 26 % en 2016).
  11. [11] CAF du Finistère, Prêt aux gens du voyage pour l’achat ou la remise en état de caravanes (absence d’aide au logement ; prêt plafonné à 4 000 € sans intérêts, versé à un vendeur professionnel, remboursable par récupération sur les prestations familiales). Dispositif d’action sociale propre à cette caisse.

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