Nucléaire : faut-il construire de nouveaux réacteurs ?

Le parc nucléaire français a produit 373,0 térawattheures en 2025, sur 547,5 produits en France métropolitaine, et il retrouve un niveau proche de celui de 2019 [2]. Grâce à lui et aux renouvelables, 95,2 % de l’électricité produite en France métropolitaine est bas-carbone [2]. Mais le dernier réacteur construit, l’EPR de Flamanville, a coûté 23,7 milliards d’euros de 2023 quand son devis initial était de 3,2 à 3,3 milliards d’euros de 2015 [3], et la Cour des comptes préconise de ne pas approuver la décision d’investissement des six réacteurs suivants tant que leur financement n’est pas sécurisé [3]. Voici les faits, puis les deux plaidoiries.

Par La rédaction du Contradictoire

En trois points

  1. Le parc marche, et il marche mieux qu’avant : 373,0 TWh produits en 2025, un niveau proche de celui de 2019, et une électricité française bas-carbone à 95,2 %.
  2. Construire coûte plus cher que prévu, et personne ne le conteste. Le coût de construction de l’EPR de Flamanville est passé de 3,2 à 3,3 milliards d’euros de 2015 au devis de 2006, à 13,2 milliards des mêmes euros. Le coût total, intérêts compris, atteint 23,7 milliards d’euros de 2023.
  3. Le programme suivant, six EPR2, est chiffré à 67,4 milliards d’euros de 2020 pour la seule construction, hors intérêts, en hausse de 30 % sur l’estimation précédente. Ce qu’il faut conclure de ces trois faits n’est pas une question de chiffres.

Le mot à connaître, les « euros constants » : un coût étalé sur vingt ans se donne toujours en euros d’une année de référence, pour neutraliser l’inflation. Un même chantier vaut 20,4 milliards en euros de 2015 et 23,7 en euros de 2023 [3]. Comparer deux montants dont les millésimes diffèrent, c’est comparer deux monnaies différentes : c’est l’erreur la plus fréquente sur ce sujet.

1La question bête

Combien la France a-t-elle de réacteurs ?

Cinquante-six, ou cinquante-sept, et les deux réponses sont exactes. L’Autorité de sûreté nucléaire décrit le parc en trois paliers : « il y a 32 réacteurs de 900 MWe », « les 20 réacteurs de 1 300 MWe se subdivisent en deux paliers », et « les réacteurs de 1 450 MWe sont au nombre de 4 » [1]. Additionnés, cela fait 56 réacteurs : c’est notre addition, l’Autorité ne publie pas de total sur cette page. L’EPR de Flamanville est présenté à part, sous son propre intertitre [1] : avec lui, on compte 57.

Ce n’est pas un détail de comptage. C’est le premier signe de ce qui rend ce débat difficile : presque chaque chiffre du dossier existe en deux versions selon ce qu’on y met, et les deux sont publiées par des sources sérieuses. C’est le même obstacle que sur la fraude, où deux chiffrages également officiels ne mesurent pas la même chose (voir notre dossier sur la fraude sociale et la fraude fiscale). Le nombre de réacteurs, le coût d’un chantier, le prix d’un programme : à chaque fois, il faut savoir ce qu’on lit avant de le comparer à autre chose.

2En chiffres

Ce que le parc produit

En 2025, la production d’électricité en France métropolitaine a atteint 547,5 TWh, en hausse de 8,2 TWh sur un an [2]. Le nucléaire en a fourni 373,0, en hausse de 11,3 TWh, et RTE note qu’il « retrouve un niveau proche de celui de 2019, grâce à l’amélioration de la disponibilité du parc » [2]. Rapportées l’une à l’autre, ces deux valeurs donnent un peu plus de 68 % de la production : c’est notre division, RTE ne publie pas ce pourcentage dans ce document.

Le reste se répartit entre l’hydraulique (62,4 TWh, en recul de 12,9 après une année 2024 exceptionnellement pluvieuse, mais « conforme aux moyennes historiques »), l’éolien et le solaire, tous deux en progression (+2,8 et +8,1 TWh sur un an), et le fossile, dont le niveau a été « le plus faible observé depuis près de 75 ans » [2].

Au total, la production bas-carbone, nucléaire et renouvelables réunis, a atteint « un maximum historique, soit 521,1 TWh », ce qui représente « 95,2 % de l’électricité produite sur le territoire métropolitain » [2]. C’est le fait sur lequel les deux camps s’accordent, avant de diverger sur ce qu’il faut construire pour le maintenir.

3Le graphique

D’où vient l’électricité française

Le nucléaire produit plus que toutes les autres filières réunies.
Production d’électricité en France métropolitaine en 2025, en térawattheures. Échelle de 0 à 400 TWh.
Nucléaire
373,0
Toutes les autres
174,5
dont hydraulique
62,4
Source : RTE, bilan électrique 2025 [2]

Seules deux valeurs sont publiées telles quelles par RTE dans ce document : le total de 547,5 TWh et les 373,0 du nucléaire, plus les 62,4 de l’hydraulique [2]. Le poste « toutes les autres », 174,5 TWh, est notre soustraction (547,5 moins 373,0). Pour l’éolien, le solaire et le fossile, le bilan ne donne que des évolutions sur un an (+2,8, +8,1 et −1,3 TWh) : nous ne publions donc pas de valeur absolue pour ces filières.

4Les deux camps↑ Sommaire

Faut-il lancer les six réacteurs suivants ?

Les deux camps lisent les mêmes documents (ASNR, RTE, Cour des comptes) et ne contestent ni la production du parc ni le coût de Flamanville. Ils divergent sur ce qu’il faut en conclure pour la suite. « Le parc vieillit, il faut lancer maintenant » · « Pas avant de savoir combien et avec quel argent »

Camp A · partisans du lancement du programme EPR2

« Le parc vieillit, il faut lancer maintenant »

  • Ce que le parc produit n’est remplaçable par rien d’équivalent aujourd’hui. À 373,0 TWh en 2025, le nucléaire produit à lui seul davantage que toutes les autres filières réunies, qui totalisent 174,5 TWh : c’est notre soustraction, 547,5 moins 373,0, à partir des deux valeurs publiées par RTE [2].
  • Il marche mieux qu’il y a trois ans. La production nucléaire a gagné 11,3 TWh en un an et RTE constate qu’elle « retrouve un niveau proche de celui de 2019, grâce à l’amélioration de la disponibilité du parc » [2]. Pour ce camp, la crise de disponibilité qui avait fait chuter la production est derrière, et l’outil a prouvé qu’il se redressait.
  • C’est ce parc qui tient le bas-carbone. Les 521,1 TWh bas-carbone de 2025, soit 95,2 % de la production métropolitaine, sont le fait du nucléaire et des renouvelables ensemble ; les deux filières qui progressent le plus vite, le solaire et l’éolien, ont gagné 8,1 et 2,8 TWh sur un an, à comparer aux 373,0 du nucléaire [2]. Retirer la première composante sans la remplacer reviendrait, pour ce camp, à renoncer à ce résultat.
    Le détail des chiffres

    La même année, la production d’origine fossile a atteint « le niveau le plus faible observé depuis près de 75 ans », en recul de 1,3 TWh sur un an [2]. Pour ce camp, c’est le résultat que la France doit protéger, et il tient à une production pilotable qui ne dépend ni du vent ni du soleil. RTE relève d’ailleurs que le profil des réacteurs évolue déjà dans ce sens, « avec plus de modulation à la baisse en milieu de journée l’été et au printemps », quand la production solaire est la plus forte [2].

  • Décider tard coûte aussi. Le parc décrit par l’Autorité de sûreté est composé pour l’essentiel de paliers anciens : 32 réacteurs de 900 MWe, dont les quatre du palier CP0 de Bugey, 20 de 1 300 MWe des paliers P4 et P’4, et 4 de 1 450 MWe du palier N4 [1]. Un chantier de réacteur se compte en une décennie ou davantage : pour ce camp, attendre que le financement soit parfaitement bordé, c’est décider de ne pas avoir de remplaçant à temps. C’est un pari sur l’avenir : aucun chiffre ne le démontre ni ne le réfute.
S’appuie sur : le bilan électrique 2025 de RTE [2] et la description du parc par l’Autorité de sûreté [1].
Camp B · partisans d’un report de la décision d’investissement

« Pas avant de savoir combien et avec quel argent »

  • Le dernier chantier a dérapé dans des proportions connues. Le coût de construction de Flamanville 3 est passé d’un devis compris « entre 3,2 et 3,3 » milliards d’euros de 2015 en mai 2006, à 13,2 milliards des mêmes euros [3].
    Le détail des chiffres

    Le tableau des réévaluations successives publié par la Cour des comptes donne, toujours en milliards d’euros de 2015 : entre 3,2 et 3,3 en mai 2006 pour un couplage visé à la mi-2012, puis 4,3 en décembre 2008, 5,4 en juillet 2010, 6,5 en juillet 2011, 8,7 en décembre 2012, 10,5 en septembre 2015 et 10,9 en juillet 2018 [3]. Le coût total, intérêts intercalaires compris, s’établit à 20,4 milliards d’euros de 2015, soit 23,7 milliards d’euros de 2023 [3].

  • Le programme suivant a déjà augmenté de 30 % avant le premier coup de pioche. Le coût de construction de trois paires d’EPR2, soit six réacteurs, « est passé de 51,7 Md€ à 67,4 Md€ » en euros de 2020, entre le chiffrage de 2022 et celui de fin 2023, « soit une augmentation de 30 % à conditions économiques inchangées et hors effet de l’inflation » [3].
    Le détail des chiffres

    La Cour détaille ce montant, en milliards d’euros de 2020 : 8,7 pour le développement du palier EPR2 (contre 3,8 dans le chiffrage de 2022), 23,6 pour la paire de Penly (contre 16,9), 18,1 pour celle de Gravelines (contre 15,8) et 16,9 pour celle de Bugey (contre 15,3) [3]. Il s’agit d’un coût « overnight », c’est-à-dire hors intérêts intercalaires : il n’est donc pas comparable au 23,7 milliards de Flamanville 3, qui les inclut.

  • La Cour des comptes préconise de ne pas approuver tant que le financement n’est pas sécurisé. La Cour des comptes « préconise de ne pas approuver une décision finale d’investissement » du programme EPR2 jusqu’à la sécurisation du financement et l’avancement des études de conception détaillée [3].
  • Un pari de cette taille engage ceux qui ne l’ont pas choisi. Pour ce camp, une décision dont la facture court sur plusieurs décennies devrait être prise avec un coût connu et un financement arrêté, pas avant. C’est un principe de décision : aucun chiffre ne le démontre ni ne le réfute.
S’appuie sur : le rapport public thématique de la Cour des comptes sur la filière EPR, janvier 2025 [3].

Camp A : 400 mots, 2 sources · Camp B : 384 mots, 1 sources

5Vrai ou faux ?↑ Sommaire

Trois phrases qu’on entend souvent

« Flamanville a coûté sept fois plus cher que prévu. »

À nuancer

Le rapport de sept vient d’une comparaison entre deux monnaies différentes. Il rapproche les 23,7 milliards d’euros de 2023 du devis de 3,2 à 3,3 milliards d’euros de 2015 [3]. À millésime égal, la Cour des comptes publie un coût de construction de 13,2 milliards d’euros de 2015 pour un devis initial de 3,2 à 3,3 des mêmes euros [3] : le rapport est alors d’environ quatre, et c’est notre division, la Cour ne publie aucun multiple. Le coût total en euros de 2015, intérêts intercalaires compris, s’établit lui à 20,4 milliards [3]. Le dérapage est massif dans tous les cas ; son ampleur dépend de ce qu’on compare.

« Le nucléaire, c’est 70 % de notre énergie. »

Faux

C’est de l’électricité qu’il s’agit, pas de l’énergie. Le nucléaire a produit 373,0 TWh sur les 547,5 produits en France métropolitaine en 2025 [2], soit un peu plus de 68 % de la production d’électricité : c’est notre division, RTE ne publie pas ce pourcentage dans ce document. Or l’électricité n’est qu’une partie de l’énergie consommée dans le pays : le carburant des voitures et le gaz des chaudières n’en font pas partie. Aucune de nos sources ne chiffre la part du nucléaire dans l’énergie totale, et nous ne la chiffrons donc pas non plus.

« L’électricité française est presque entièrement décarbonée. »

Vrai

Et c’est un maximum historique. RTE écrit que la production bas-carbone, nucléaire et renouvelables ensemble, « a atteint en 2025 un maximum historique, soit 521,1 TWh », ce qui représente « 95,2 % de l’électricité produite sur le territoire métropolitain » [2]. La production d’origine fossile a atteint la même année « le niveau le plus faible observé depuis près de 75 ans » [2]. Attention toutefois à la portée : il s’agit de l’électricité produite en France, pas de l’empreinte carbone du pays.

6Le calendrier↑ Sommaire

Où en est la décision

Le programme dit EPR2 porte sur trois paires de réacteurs, soit six unités, à Penly, Gravelines et Bugey [3]. Son coût de construction a été chiffré une première fois en 2022, puis réévalué depuis : c’est entre ces deux chiffrages que la hausse de 30 % s’est produite [3].

La décision qui engage réellement les dépenses s’appelle la décision finale d’investissement. C’est elle que la Cour des comptes préconise de « retenir », c’est-à-dire de suspendre, jusqu’à la sécurisation du financement et l’avancement des études de conception détaillée [3]. Tant qu’elle n’est pas prise, le programme existe sur le papier et dans les études, pas dans les chantiers. Comme pour les retraites, il s’agit d’un engagement public dont les effets se comptent en décennies (voir notre dossier sur les retraites).

Ce dossier ne dit pas où en est cette décision au jour de sa lecture : le rapport de la Cour date de janvier 2025 et nos sources n’établissent pas l’état d’avancement postérieur. C’est une limite assumée, et non un oubli.

7Concrètement, pour vous↑ Sommaire

Trois repères pour suivre le débat

  • Demandez toujours l’année des euros. Un même chantier vaut 20,4 milliards en euros de 2015 et 23,7 en euros de 2023 [3]. Deux intervenants peuvent citer des montants différents sans qu’aucun ne mente. C’est le même mécanisme que sur la dette publique, dont le niveau se lit différemment selon l’agrégat retenu (voir notre dossier sur la dette).
  • Distinguez le coût de construction du coût total. Pour Flamanville, le premier est de 13,2 milliards d’euros de 2015, le second de 20,4 des mêmes euros : la différence, ce sont les intérêts payés pendant les années de chantier [3]. Le chiffrage des EPR2, lui, est un coût « overnight », hors intérêts : il n’est pas comparable au coût total de Flamanville [3].
  • Électricité n’est pas énergie. Les 95,2 % de bas-carbone portent sur l’électricité produite en France [2], pas sur tout ce que le pays consomme comme énergie ni sur son empreinte carbone.
8Établi / Disputé↑ Sommaire

Ce qui est établi, ce qui ne l’est pas

Établi : la composition du parc, 32 réacteurs de 900 MWe, 20 de 1 300 et 4 de 1 450, plus l’EPR de Flamanville présenté à part [1]. La production 2025 : 547,5 TWh au total, 373,0 pour le nucléaire, 521,1 bas-carbone soit 95,2 %, et un niveau de production fossile le plus bas depuis près de 75 ans [2]. Le coût de Flamanville 3, dans ses trois expressions : 13,2 Md€ de 2015 pour la construction, 20,4 des mêmes euros au total, 23,7 en euros de 2023 [3]. Le chiffrage des six EPR2, passé de 51,7 à 67,4 Md€ de 2020, et la recommandation de la Cour de suspendre la décision d’investissement [3].

Disputé : ce que ces coûts autorisent à conclure. Le même dérapage de Flamanville se lit comme la preuve qu’on ne sait plus construire dans les délais ni dans les budgets annoncés, sept réévaluations successives entre 2006 et 2018 et un chiffrage des EPR2 déjà relevé de 30 % avant tout chantier [3] ; ou comme le prix d’un savoir-faire perdu puis retrouvé sur une tête de série, que les six réacteurs suivants permettraient précisément d’amortir. Nos sources ne tranchent pas, et ne fournissent aucun chiffrage de ce que coûterait l’option inverse : ni le remplacement du parc par d’autres filières, ni la prolongation des réacteurs existants. Ces deux comparaisons manquent à ce dossier, et nous ne les inventons pas.

9À retenir↑ Sommaire

En trois points

  1. Le parc marche, et il marche mieux qu’avant : 373,0 TWh produits en 2025, un niveau proche de celui de 2019, et une électricité française bas-carbone à 95,2 %.
  2. Construire coûte plus cher que prévu, et personne ne le conteste. Le coût de construction de l’EPR de Flamanville est passé de 3,2 à 3,3 milliards d’euros de 2015 au devis de 2006, à 13,2 milliards des mêmes euros. Le coût total, intérêts compris, atteint 23,7 milliards d’euros de 2023.
  3. Le programme suivant, six EPR2, est chiffré à 67,4 milliards d’euros de 2020 pour la seule construction, hors intérêts, en hausse de 30 % sur l’estimation précédente. Ce qu’il faut conclure de ces trois faits n’est pas une question de chiffres.
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Sources

  1. [1] ASNR (Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection), Le parc des réacteurs nucléaires français (32 réacteurs de 900 MWe, paliers CP0 et CPY ; 20 réacteurs de 1 300 MWe, paliers P4 et P’4 ; 4 réacteurs de 1 450 MWe, palier N4 ; l’EPR de Flamanville traité sous un intertitre distinct).
  2. [2] RTE, Bilan électrique 2025, principaux résultats (production métropolitaine 547,5 TWh, +8,2 TWh ; nucléaire 373,0 TWh, +11,3 TWh, « retrouve un niveau proche de celui de 2019 » ; hydraulique 62,4 TWh, −12,9 ; solaire +8,1 et éolien +2,8 TWh ; fossile au niveau « le plus faible observé depuis près de 75 ans » ; bas-carbone 521,1 TWh, soit 95,2 %).
  3. [3] Cour des comptes, La filière EPR : une dynamique nouvelle, des risques persistants, rapport public thématique, 14 janvier 2025 (Flamanville 3 : coût de construction 13,2 Md€ de 2015, coût total 20,4 Md€ de 2015 soit 23,7 Md€ de 2023, intérêts intercalaires compris ; tableau des réévaluations depuis le devis de mai 2006 « entre 3,2 et 3,3 » ; EPR2, coût de construction overnight de trois paires passé de 51,7 à 67,4 Md€ de 2020, soit 79,9 Md€ de 2023, en hausse de 30 %, décomposé en 8,7 + 23,6 + 18,1 + 16,9 ; recommandation de retenir la décision finale d’investissement).

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